Mythe ou réalité : les voitures électriques sont-elles réellement moins polluantes que les véhicules traditionnels ? Ou leur reste-t-il encore des efforts à faire pour réduire leur bilan carbone ?

Par Xavier Beaunieux

La voiture électrique : pas aussi « verte » qu’il y paraît…

« Horreur ! Malheur ! ». Alors qu’on la présente comme l’un des principaux instruments de la transition écologique, la voiture électrique ne serait pas aussi propre qu’on le prétend… Disons que c’est plus compliqué que ça. Car si la voiture électrique qui consomme, comme son nom l’indique, de l’électricité, n’émet pas de gaz d’échappement (elle est d’ailleurs dépourvue de tuyau d’échappement), en revanche, son « carburant », lui, provient de sources d’énergie plus ou moins renouvelables… Et bien souvent, plutôt moins que plus… En effet, dans la plupart des pays occidentaux ayant mis en place une politique de transition énergétique, une part non négligeable de l’électricité produite provient de sources d’énergies non renouvelables : centrales thermiques, nucléaires, etc. En clair, qu’on le veuille ou non, une voiture électrique engendre un impact sur l’environnement. Bien sûr, l’empreinte carbone sera moindre que dans le cas d’un véhicule dit thermique, c’est-à-dire qui consomme de l’essence ou du gasoil mais il serait faux de croire qu’elle n’existe pas…

Bon à savoir
la construction d’une voiture électrique requiert jusqu’à quatre fois plus d’énergie que la fabrication d’une voiture traditionnelle.

Les batteries laissent une lourde empreinte écologique

Dans le gaz d’échappement d’une voiture équipée d’un moteur à explosion/combustion, on trouve du monoxyde de carbone, du monoxyde et du dioxyde d’azote, des particules fines, etc. Bref, tout un tas de choses qu’on se passerait bien de respirer ! Il est donc à mettre au crédit du véhicule électrique qu’il n’émet pas de gaz d’échappement ! Force est également de constater que la voiture électrique émet deux fois moins de gaz à effet de serre que son homologue diesel ou à essence. Là où le bât blesse, c’est plus du côté des usines et des chaînes de montage que des routes. En clair, l’empreinte écologique laissée par la voiture électrique est essentiellement liée à sa fabrication. Pas à son utilisation. Dans certains cas, la phase de production d’un véhicule électrique génèrera jusqu’à deux fois plus de CO2 que celle d’une automobile classique. Et c’est principalement la phase de fabrication de sa batterie qui fait pencher la balance écologique en défaveur du véhicule électrique. En effet, des métaux rares rentrent dans sa conception. Ceux-ci doivent alors être extraits du sol, puis raffinés avant d’être acheminés jusqu’aux usines. Et toute cela contribue à alourdir le bilan carbone… On pourrait donc dire qu’un véhicule électrique pollue avant même d’avoir roulé ! Pour autant, l’Ademe précise qu’en dépit de la pollution occasionnée par la fabrication de sa batterie, sur toute la durée de son cycle de vie (fabrication + utilisation), un véhicule électrique polluera moins qu’un véhicule à essence. À ce titre, il est un maillon essentiel de la transition écologique. Quant aux véhicules hybrides rechargeables (PHEV), la dimension réduite de leurs batteries contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre qui y sont associées.

Et vous ? Pensez-vous que la voiture électrique soit la pierre angulaire de la transition écologique ? N’hésitez pas à partager avec nous vos souhaits et/ou votre expérience !   

Les points clés à retenir


  • À l’utilisation, l’impact écologique d’un véhicule électrique est moindre que celui d’un véhicule thermique.
  • En revanche, la fabrication des batteries nécessaires à l’utilisation de la voiture électrique a un impact écologique non négligeable.
  • Sur la totalité de son cycle de vie, un véhicule électrique contribuera davantage à lutter contre le réchauffement climatique qu’un véhicule traditionnel.
  • Le maillon faible de la voiture électrique, c’est sa batterie. Ou plus précisément, le bilan carbone qui accompagne sa fabrication.
  • La voiture électrique est néanmoins un rouage essentiel d’une transition écologique réussie.
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