Mutée à l’autre bout du monde, Laurence craignait d’avoir du mal à se recréer rapidement un réseau relationnel. Eh oui, se refaire des amis après 30 ans et à plus de 10 000 km de chez soi, ça n’est pas si facile… Mais le co-living peut vous y aider.

Par Xavier Beaunieux

« Quand ma boîte qui souhaitait développer sa présence en Asie du Sud-Est m’a proposé de partir travailler dix mois à Singapour, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai toujours adoré les voyages. Après des études à Londres, j’ai travaillé pendant 3 ans à Edimbourg. Passé le choc de l’annonce, mon compagnon (Rupert, un Écossais que j’ai rapporté dans mes bagages) m’a dit de foncer. Même si lui ne pouvait quitter Paris (il vient de créer sa startup), cette mutation était une opportunité à ne pas rater. « Better have remorse than regrets » m’a-t-il dit. De mon côté, je croisais les doigts pour que notre relation survive à ce célibat géographique, au décalage horaire et aux 13 heures d’avion qui nous sépareraient dix mois durant.

« Pas question de tomber dans la routine du «métro-boulot-dodo»

Se loger à Singapour coûte cher… Heureusement, mon employeur prenait en charge mes frais de relocation. En Angleterre puis en Écosse (avant d’emménager avec Rupert), j’avais fait de la colocation mais je ne me voyais pas remettre ça… Je ne voulais pas non plus vivre dans un ‘quartier à expats’, entourée de Desperate Housewives… J’ai aussi envisagé de louer un meublé dans un condo tout équipé mais j’avais peur de tomber dans la routine du ‘métro-boulot-dodo’ et de ne rencontrer personne. C’est Rupert qui m’a parlé du co-living : des colocs plus motivés par la richesse sociale, culturelle et affective que procure la vie en communauté que par la perspective d’économiser sur le loyer ou de faire la fête tous les soirs. Sans oublier des prestations sympa, du genre toit-terrasse, salle de sport, pressing, ménage, piscine… Ce qui ne gâche rien !

« Tous les résidents avaient une vraie envie d’échanger »

C’est donc sur une résidence en co-living que s’est porté mon choix. Et je ne le regrette pas. Hyper bien entretenue, surveillée 24/24, avec chacun son petit appart’, sa salle de bains et sa kitchenette, des équipements dont je n’aurais même pas rêver (comprenez, que je n’aurais pas pu m’offrir toute seule !) et un community manager aux petits oignons : pour animer la communauté et faire se rapprocher les co-livers, des événements du genre « blind-tests » géants et balades dans Singapour étaient régulièrement organisés. C’était génial ! Tous les résidents jouaient le jeu. On sentait qu’il y avait une vraie envie d’échanger. Une semaine après mon arrivée, je m’étais déjà recréé un petit réseau d’amis et de connaissances de toutes les nationalités. Un peu comme dans L’Auberge Espagnole avec Romain Duris. Si ce n’est que là, on avait tous dix ans de plus que les personnages du film. Mais ça ne nous empêchait pas de refaire le monde jusqu’à pas d’heure ! Et beaucoup des personnes que j’ai rencontrées à Singapour, je les ai rencontrées sans même sortir de chez moi…

« Ils me manquent tous beaucoup »

Ça fait maintenant six mois que je suis rentrée à Paris. Avec Rupert, nous attendons notre premier enfant. Je continue de communiquer via Slack avec mes anciens co-livers. Ils me manquent tous beaucoup. Tout comme l’omelette aux huîtres, une spécialité singapourienne que je vous recommande. »

Laurence, 35 ans, Paris (75)

Découvrez aussi...