À la cool ! Tel pourrait être le credo des Cittaslow, ces villes qui mettent un point d’honneur à faire passer la qualité de vie de leurs habitants avant tout le reste. Quelles recettes les édiles appliquent-ils pour que leurs administrés soient zen et détendus ? Quelles sont ces villes où l’on vit mieux qu’ailleurs ? Autant de questions auxquelles nous allons répondre pas plus tard que tout de suite.

Par Xavier Beaunieux

1. Un concept venu d’Italie

Le Cittaslow (« slow city» dans la langue de Shakespeare, « ville lente » en VF) est le prolongement d’un mouvement « anti-malbouffe » qui a vu le jour en Italie, en 1999. S’il s’est cantonné un temps à la nourriture en imposant des produits respectueux de la biodiversité, des saisons et des traditions locales, le concept s’est rapidement étendu aux villes. Les premières Cittaslow venaient de voir le jour.

2. Les deux pieds sur la pédale de frein !

Dans une société où tout va (trop) vite, les Cittaslow entendent bien calmer le jeu. Si elles en font l’éloge, c’est parce qu’à leurs yeux, la lenteur une forme de résistance contre la tyrannie de l’urgence qui nous oblige à « speeder » en permanence… Alors que lever le pied et s’autoriser à prendre son temps éviterait stress, mal-être, burn-outs, névroses et autres dommages collatéraux causés par l’hyperactivité ambiante. La devise des Cittaslow pourrait donc se résumer ainsi : vivre moins vite pour vivre mieux.

Bon à savoir »
En 2050, 70 % de l’humanité vivra en ville.

3. Des villes où il fait bon vivre

Si ce phénomène s’articule essentiellement autour du ralentissement (de l’urbanisation, de la surconsommation, de la globalisation, du rythme de vie…), d’autres principes sous-tendent le Cittaslow : valoriser le patrimoine, promouvoir la solidarité intergénérationnelle, réduire notre empreinte écologique, limiter la pollution sonore et lumineuse, préserver les ressources naturelles, développer les infrastructures destinées aux personnes handicapées, encourager le sens de l’hospitalité chez les commerçants, créer des zones piétonnières, perpétuer les coutumes locales, créer du lien, mettre en valeur le terroir, soutenir les producteurs locaux, etc. Pour les adeptes du Cittaslow, qualité de vie et lieu de résidence sont donc étroitement liés. C’est pourquoi ils préconisent de veiller constamment à ce que les villes soient adaptées à leurs habitants et dimensionnées à leur échelle.

Bon à savoir
Fini, les bus de ramassage scolaire ! À Columbia dans le Missouri, ce sont des adultes qui accompagnent les enfants, en marchant, jusqu’à leur école et vont les rechercher (à pied, toujours !).

4. Être une Cittaslow, ça se mérite !

On dénombre 236 Cittaslow réparties dans 30 pays. Dont huit en France. Mais n’est pas « ville lente » qui veut ! Pour obtenir le label, délivré par un comité d’experts, la candidate (de moins de 50 000 habitants) devra respecter pas moins de 72 critères ! Mais une fois s’être vu décerner le précieux sésame, pas question de se laisser pour autant : tous les trois ans, le comité vérifie que les Cittaslow n’ont commis aucun excès de vitesse…

Bon à savoir
Ces villes françaises où l’horloge tourne au ralenti (pour le plus grand bonheur de leurs habitants) :
Segonzac, Labastide-d’Armagnac, Mirande, Blanquefort, Créon, Grigny, Saint-Antonin-Noble-Val, Loix.

Les points clés à retenir

  • Les Cittaslow s’efforcent de ralentir le rythme de vie de leurs habitants.
  • Redonner aux villes une dimension humaine et favoriser les interactions sociales permet de gagner en qualité de vie.
  • Prendre le temps de s’arrêter pour dire bonjour aux voisins. Aux commerçants. C’est aussi ça, le Cittaslow.

Web : www.cittaslow.fr

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