Le nombre de SDF en France a crû de 50% entre 2001 et 2012. Au-delà du Plan d’urgence Hivernal, de multiples projets aussi simples qu’originaux sont inventés.

141 500 SDF en France métropolitaine en 2012, 50 % de plus qu’en 2001

Grâce à un système de comptage de rue, l’Angleterre a estimé que 4751 personnes avaient dormi dehors l’automne dernier, soit de 15% de plus qu’en 2017. La dernière enquête nationale française réalisée en 2012 par l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) relevait que 141 500 personnes étaient sans domicile en France métropolitaine – à noter que l’INSEE nomme SDF toutes les personnes qui n’ont pas de logement, mais certaines dorment dans des centres d’urgence. 141 500 sans domicile fixe, c’était environ 50 % de plus qu’en 2001…

Ces chiffres sont à tempérer pour maintes raisons. Florent Gueguen, le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, rappelait notamment à Libération que «cette population est mobile, une partie se cache – dans les bois, dans les replis du périphérique, dans des souterrains –, et certains sont de nationalité étrangère », ce qui complique la tâche.

En février 2018, près de 2000 personnes ont participé à un recensement du nombre de sans domicile fixe à Paris. 3000 sans-abri ont ainsi été dénombré et 5000 personnes sans solution durable - en comptant les personnes hébergées grâce au plan d’urgence hivernal (PUH) : un dispositif mis en place chaque année entre le 1er novembre et le 31 mars de l’année suivante. Le PUH comprend la trêve hivernale (légiféré par l’article  L412-6 du Code des procédures civiles d’exécution) et le plan grand froid où des structures sont ouvertes et les maraudes renforcées.

Si des solutions étatiques françaises ont été posées, il existe de nombreuses autres solutions issues d’alternatives créatives.

Des solutions simples mais efficaces pour loger les SDF

Quand nous parlons d’évolution, nous ne parlons pas que de chiffres. L’évolution passe ici par la révolution, et la révolution passe parfois par des petites secousses. Comme celle provoquée par l’association Unity Cube, qui a créé des petits appartements modulables réalisés avec de simples palettes de bois. Les logements en kit sont très économiques. L’idée de l’association est d’installer les mini logements dans des bureaux vides… car l’Hexagone dénombre 5 millions de m² de bureaux inoccupés !

Frédéric Tabary, un designer de Nantes, a eu l’idée de transformer des camions frigorifiques en logements provisoires. Il expliquait pour Le Parisien que tous les ans, 10 000 ou 15 000 remorques parfaitement isolées se retrouvent à la casse. « On peut les récupérer, utiliser les 30 m2 de surface pour y installer des lits, des coffres qui ferment à clé, des toilettes, une douche, un lavabo. Si on maximise l'espace, on peut y abriter jusqu'à 12 personnes », détaillait-il.

Autre idée, celle de l’architecte James Furzer qui a imaginé des refuges se fixant aux flancs des immeubles et accessibles par une échelle. Le toit de l’excroissance serait doté d’un panneau solaire.

Pour diminuer le nombre de SDF, la ville de Portland aux États-Unis a proposé à chaque famille hébergeant une personne sans-abri dans une micro maison offerte par la ville - à disposer dans le jardin par exemple - de garder la micro maison concernée, d’une valeur d’environ 75 000 $.

Finalement, la solution la plus simple revient à Gordon Walker, directeur de la division du logement et du développement communautaire de l'Utat : "Si vous souhaitez qu'il n'y ait plus de sans-abris, vous les placez dans des abris. C'est relativement simple." Avec une politique volontariste similaire, la Finlande est parvenue à économiser 15 000 euros par an et par personne.

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