Nicolas Le Baron est parti en Irlande vivre une expérience de woofer. Le principe ? Participer au travail dans une structure d'agriculture biologique. Il nous raconte ses différentes expériences en la matière et nous indique les raisons qui l’ont poussé à s’essayer au woofing.

Qo.fr : Tu as réalisé 5 woofing différents, peux-tu nous raconter ces projets ?

Nicolas Le Baron : Je suis parti de France mi-janvier. J’avais planifié deux woofing, d’un mois chacun. Je suis parti de Paris pour arriver à Dublin. Le premier était situé près de Limerick : c'était une maison avec un jardin, des poules et des canards. J'ai apprécié le fait d'avoir une chambre à moi, la cuisine et l'hospitalité. Ils comprenaient aussi que je n'avais pas un très bon niveau d'anglais, mais que j’avais la volonté de progresser, donc cela me soulageait pour l’arrivée. Comme c'était une maison avec un jardin avec quelques poules seulement en hiver, le gros du travail était le nettoyage du jardin. Je n’ai passé que 15 jours dans ce premier woofing : pour des raisons personnelles, ils ne pouvaient plus m'accueillir.

J'ai ensuite été pris en charge par l'une des responsables du site Woofing Irlande Je me suis alors retrouvé dans sa ferme avec son mari en Irlande du Nord, avec des moutons, des vaches, des oies, des cochons, etc. J'étais à flanc de montagne et je pouvais voir l'Irlande du Nord. Le fermier m'a même dit qu'on pouvait voir l'Écosse. Le paysage était magnifique. Ils possédaient un magasin bio en ville, ils vendaient les produits de leur ferme et importaient les autres. L'activité principale dans cette ferme était de nourrir les animaux. J’ai participé à d’autres types de travaux comme couper du bois, creuser une tranchée...

J'ai passé 15 jours dans cette ferme, puis j'ai été dans le woofing que j'avais planifié avant mon départ. C'était une ferme de chevaux, l'activité principale était de nettoyer les box et préparer les chevaux. Ce woofing était situé près d’Athlone. Nous pouvions monter à cheval tous les jours, c'était vraiment cool. J'ai aussi pu découvrir comment on élève un cheval, une expérience très intéressante.

Je me plaisais bien en woofing et voulais encore visiter l'Irlande, j'en ai alors programmé deux autres au nord et au sud de Cork. Pour le premier, il s’agissait d'anciens éleveurs de chevaux. Lors de ce woofing, j'ai nettoyé le jardin et coupé du bois. Depuis l'ouragan qui a frappé l'Irlande dernièrement, beaucoup d'arbres sont tombés.

Le deuxième était une ferme avec potager et poules pondeuses. Ils possédaient 2 points de vente où ils vendaient leur production. Tous les jours, nous ramassions les œufs, les nettoyions et les mettions en boite. J'ai fait quelques travaux dans le potager également. Ils possédaient 800 poules.

J'ai visité l'Irlande le week-end entre deux woofing ou lors de mes journées de repos. Les journées de repos et horaire de travail varient. Généralement, je débutais vers 9h pour finir à 16h. L'ensemble des repas étaient compris la plupart du temps. La personne nous achetait ce qu'on voulait manger et nous devions cuisiner. Concernant le logement, j'ai dormi dans leur maison, dans un mobil-home ou une cabane en bois selon le woofing.

Sur mes 5 expériences, j'ai été deux fois avec un autre woofer. Ils étaient espagnols, ce qui est un bon point, car nous parlions exclusivement anglais. Cependant, j'ai préféré être seul, car mon but premier était d'améliorer mon anglais. Parler anglais avec un Espagnol n'est pas la meilleure solution pour améliorer son accent…

Qu’est-ce qui t’a motivé initialement à pratiquer le woofing ?

Je venais de finir mes études : un master dans la sécurité et l'environnement. J'avais l'envie de m'améliorer en anglais, mais je ne pouvais pas prétendre à un "vrai" boulot dans un pays anglophone avec mon niveau d'anglais. J'avais entendu parler du woofing par un copain de collège qui l'a pratiqué en Australie. Étant allé quelques mois en Australie pour visiter le pays, il m'avait dit qu'il s'était beaucoup plus amélioré en woofing qu’en mode « touriste ». Comme je ne voulais pas partir aussi loin pour des raisons financières et administratives, je me suis dit que l'Irlande était le meilleur compromis.

Et finalement, qu’est-ce que ces expériences t’ont apporté ?

J'étais donc parti pour m'améliorer en anglais, ce qui est le cas, mais cela m'a aussi apporté humainement. J'ai pu découvrir une autre culture, beaucoup de personnes d'horizons différents. L'ouverture d'esprit dans un voyage de ce type est très importante : la personne en face de toi n'a pas le même mode de vie que toi donc tu dois d’adapter.

Je me suis amélioré au niveau de la débrouillardise et du sang-froid. J’ai pu connaître la vie à la ferme qui est dure et avec beaucoup de contraintes, mais qui est aussi très intéressante. Tu es ton propre patron, tu travailles avec les animaux ou les plantes, tu es à l'extérieur...

Où trouve-t-on des projets de woofing et comment cela fonctionne ?

Je me suis inscrit au site WWOOF Ireland posté une annonce et c'était parti. Je sais qu'il existe d'autres sites comme Helpx par exemple.

As-tu des anecdotes et des souvenirs à nous partager ?

Oui, l'arrivée à Dublin où j'avais réservé une auberge de jeunesse pour faire mes premiers pas, qui ont été assez difficiles étant donné mon niveau d'anglais. La vie en auberge de jeunesse, c’est toujours comique. Tu as le droit à la personne qui se lève à 3h du mat’ pour manger et prendre sa douche, à une autre complètement saoule qui monte dans le lit superposé en pleine nuit et qui laisse tomber sur ton lit son porte-monnaie et sa montre… Heureusement que je suis honnête.

L'hiver a été très rude, apparemment rien de tel depuis 30 ans. J'ai été dans un parc national au Sud de Dublin pour passer la Saint-Patrick, la soirée de l’année pour les Irlandais ! Et je suis resté bloqué là-bas à cause de la neige. Ils sont déjà à fond, mais en plus cette année, la Saint Patrick est tombée lors du match Irlande-Angleterre pour le grand chelem, remporté par les Irlandais. Le match se déroulait à 14h… mauvaise idée pour la sobriété...

J'ai rencontré énormément de personnes lors de ce périple. Il y en a un qui m'a marqué, il était en train de visiter l'Irlande à vélo en plein hiver. C'est génial de rencontrer des gens comme ça qui profitent de la liberté qu'on nous donne.

Et sinon, j’ai croisé pas mal de Bretons. Un peu de chauvinisme, j’ai bien sûr mis notre magnifique drapeau sur mon sac. Et un jour j’ai croisé une personne qui m'a dit « j'ai bien compris que les Bretons sont différents des Français". C'est vrai que nous avons un certain lien avec les Irlandais par la culture celtique et la religion.

Et d’autres projets de ce type en perspective ?

Je pars bientôt pour Londres pour trouver un "vrai" travail pour encore m'améliorer en anglais et découvrir une nouvelle ville, de nouvelles personnes... (Ndlr : à l’adresse de la communauté de lecteurs Qo.fr) Si vous avez d'ailleurs des pistes de job à Londres, je suis preneur !

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