La randonnée écologique, on connaît : découvrir la nature tout en collectant les déchets retrouvés sur les sentiers. Une version plus simple existe désormais : le plogging. Les détails sur ce jogging un peu particulier ci-après.

Le plogging, c’est bon pour la santé et pour la planète !

À force de consommation et donc, d’ordures, l’homme a réussi un tour de force : créer un huitième continent. Dans l’Océan Pacifique, c’est 1,6 million de km² de déchets plastiques, près de 80000 tonnes. Selon l’ONU Environnement, chaque minute, l’océan réceptionne l’équivalent d’un camion à ordures complet. En France, alors qu’un mégot se dégrade en 15 ans, 30 milliards sont jetés chaque année.

La sensibilisation sur la nécessité de réduire les déchets est vitale pour la survie de l’humanité. Et en la matière, la patrie d’Ikea sait s’y prendre : en 2014, 99% de ses ordures ménagères sont réutilisées (incinérées pour les centrales thermiques, recyclées ou compostées), de sorte que ses décharges ne servent qu’au 1% restant. Cependant, le pays vise encore à rester un modèle en matière de politique environnementale, avec d’ambitieux projets pour l’avenir.

Que ce pays soit à l’origine du plogging n’étonne donc pas. Contraction de « plocka upp » (signifiant « ramasser » en suédois) et de « jogging », le mot désigne cette activité consistant à courir et à ramasser des ordures en même temps. Ce sport centré sur soi devient une action responsable vis-à-vis de la nature.

Attention, cet entrainement fractionné ne se pratique pas n’importe comment : pour éviter les accidents, il faut contracter les abdominaux et plier les genoux pour se baisser.

Pour les adeptes de cette course effectuée à petites foulées, tous les muscles du corps sont alors sollicités. Elle occasionne aussi d’autres bienfaits : elle renforce l’endurance et permet de muscler les bras grâce aux sacs poubelles. Elle améliore même le moral ! Car si le plogging est praticable individuellement, courir en groupe est possible, pour plus de convivialité. Par exemple, Run Eco Team réunit les adeptes du plogging du monde entier. Grâce à cette association créée par Nicolas Lemonnier, ostéopathe de profession, ces derniers peuvent participer à des évènements organisés via Facebook. En outre, la distance parcourue et la quantité de déchets collectés sont comptabilisées.

Question équipement, il ne faut pas plus de matériel que pour le jogging. Il faut juste se munir d’un sac-poubelle et de gants.

Le plogging, une solution durable ?

En septembre 2018, on annonçait 20 tonnes de déchets collectés par semaine grâce à 50000 ploggeurs dans le monde. Car le concept séduit partout, entre autres aux États-Unis, en Inde, Turquie, au Mexique...

Cependant, certains ne sont pas emballés : le jogging en soi est déjà un acte écologique. En outre, le problème de fond persiste. Des questions sur la pérennité de l’action sont posées. Pour qu’il ne s’agisse pas d’un simple phénomène de mode voué à disparaître, les collectivités locales et le système éducatif devraient être mis à contribution.

Entre temps, le plogging représente toujours un geste pour l’environnement : alors, on se donne rendez-vous quand pour « plogger » ?

Pour aller plus loin :

http://www.eagle-ivorycoast.org/2018/07/09/environnement-ocean-1400-especes-marines-menacees-par-la-pollution-plastique/

https://www.wedemain.fr/Survetement-et-sac-poubelle-voici-le-plogging-le-nouveau-sport-venu-de-Suede_a3174.html

https://www.lesechos.fr/27/03/2001/LesEchos/18371-135-ECH_la-suede-cultive-sa-difference.htm

https://www.lorientlejour.com/article/1133760/le-liban-nouveau-terrain-de-predilection-pour-le-plogging-.html

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Sport, environnement, collecte des déchets.