Pour ceux qui aspirent à améliorer leur qualité de vie en ville, le partage s’est imposé comme une des solutions envisageables. Il est bénéfique du point de vue économique, en favorisant le développement durable, mais également sur le plan humain, en faisant appel à la solidarité des citoyens.

Partage en ville : des actions et des outils

Parce qu’elle concentre une kyrielle de fonctionnalités et d’opportunités, la « Ville » attire. Cependant, le rythme de vie y est souvent bien soutenu lorsqu’il respecte la bonne vieille sentence - à lire dans les deux sens du terme – « métro-boulot-dodo ». Les citadins doivent jongler entre foyers, bureaux, écoles, embouteillages, trains et loisirs.

Et les ressources sont parfois, voire souvent, mal réparties pour une population toujours croissante. Concernant l’aménagement du territoire, alors que les habitations abondent, les espaces verts constituent de petits trésors fort convoités.

Dans ce contexte, des petits « malins » véhiculent l’idée du partage en ville.

Quand le partage en ville s’impose comme garantie de la survie

Partager en ville, c’est mettre en commun des biens personnels, mais également apprendre à les considérer selon leur utilité plutôt que de chercher à s’en approprier à tout prix. Pourquoi ? Pour optimiser leur emploi et donc, éviter une sous-utilisation et le gaspillage. Pour réduire dès lors les déchets et la pollution, ce qui permettrait de ne pas asphyxier la ville tout en générant des économies et un gain dans le pouvoir d’achat.

Toutefois, la mutualisation des biens personnels n’améliore pas seulement l’économie au sein de la Ville. Elle renforce aussi les liens sociaux et rappelle la solidarité en amenant les gens à s’engager, à rendre service à l’Autre par plaisir et non uniquement dans un but marchand. Le partage façonne également les mentalités, en nourrissant les interactions entre générations, cultures, niveaux socio-économiques. Mettre en commun, c’est accepter d’enseigner aux autres et d’apprendre d’eux. Dès lors, ces échanges redonnant vie aux quartiers, la cohabitation en ville peut se dérouler de façon plus humaine, gage de durabilité.

Le garde-manger solidaire, une façon de gérer la consommation alimentaire

En France, alors qu’une personne sur 5 est confrontée à des difficultés pour se nourrir, 10 millions de tonnes de nourriture sont déversées dans les ordures, dont 1.2 million peut encore être consommé. Un garde-manger solidaire (ou garde-manger collaboratif) représente une alternative pour lutter contre le gaspillage et réfréner la précarité des plus démunis en leur permettant de trouver leur subsistance.

Œufs, légumes, fruits, pain, lait, conserves… Hormis les boissons alcoolisées, les crustacés et coquillages, les steaks hachés et produits farcis, tout peut y passer. Il suffit juste que ce ne soit pas des produits entamés ou dont la DLC est dépassée, des plats cuisinés « maison » et des denrées réfrigérées à l’aspect « louche ».

Le principe du garde-manger solidaire ? Tout le monde peut venir y ramener son surplus de nourriture et tout le monde peut se servir. Un garde-manger solidaire permet de redistribuer des denrées alimentaires.

Créer un garde-manger collaboratif implique surtout et avant tout un peu de volonté et une mobilisation citoyenne.

  • Ensuite, les personnes intéressées doivent cibler un commerce de distribution alimentaire qui accepterait d’accueillir le garde-manger solidaire. Le magasin devra faire moins de 400m², pour ne pas être soumis à la loi du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire - imposant plutôt aux commerces de plus de 400m² de faire don des invendus à une association ou de les rendre impropres à la consommation. Cependant, il devra aussi avoir à cœur de combattre ledit gaspillage par le partage.
  • Ensuite, il faut définir le type de garde-manger collaboratif à installer. En effet, ce choix dépend du type d’aliments invendus que le commerce peut proposer. En l’absence de produits frais, un simple garde-manger suffira. Sinon, il faudra opter pour un garde-manger et frigo.
  • La 3ème étape consiste à vérifier la faisabilité du projet du point de vue légal et technique : il faut l’accord de la Mairie pour laisser le garde-manger sur le trottoir, lequel devra mesurer au moins 2.40m (tandis que la devanture du magasin doit faire au moins 1.40m de large).
  • Dès lors, la construction du garde-manger solidaire peut commencer. Ceci peut être l’occasion d’entamer le travail collaboratif, en faisant appel à la générosité des gens pour le matériel nécessaire et la fabrication à proprement parler.

Les jardins partagés pour reverdir la ville

Vivre en ville où les espaces sont plus petits, c’est le plus souvent concéder à renoncer aux joies de la nature. En parallèle toutefois, par manque de temps ou de passion, certains laissent leur jardin à l’abandon. Dès lors, un jardin partagé (communautaire, associatif ou collectif) peut être l’occasion de s’enrichir mutuellement.

Qu’il s’agisse d’un jardin, d’un potager ou d’un jardin potager partagé (mettre lien vers article des jardins partagés), le principe est le même. Tout le monde peut venir y cultiver fleurs, légumes, fruits, aromates… (certains espaces accueillent même des ruches assurant la production de miel). En contrepartie, tout le monde peut y accéder et venir s’y approvisionner s’il s’agit d’un potager (sous réserve de respecter le sens du collaboratif et le droit de glanage).

Un jardin partagé, c’est l’occasion de prendre soin de soi en vaquant à une activité physique et en laissant sa créativité s’exprimer (en accord avec les principes de la communauté bien sûr). C’est également un moyen d’apprendre la notion de réalisation, en contribuant à valoriser et à embellir des espaces. Un jardin partagé peut être un lieu où apprendre à exploiter l’environnement de façon respectueuse. La production dans un potager partagé peut constituer un pas vers l’autosuffisance alimentaire, avec à la clé des économies et un développement durable.

Un jardin communautaire, c’est aussi l’occasion de partager son expérience avec les autres ou de profiter de la leur. Les aînés peuvent transmettre aux plus jeunes les traditions rurales et maraîchères. Tous peuvent aussi apprendre le sens des responsabilités. Ceux qui apprécient tout simplement la nature peuvent venir s’y promener et s’y détendre. Néanmoins, un jardin partagé peut également servir à la communauté, en accueillant fêtes, festivals et mariages.

Pour créer un jardin ou un potager partagé, les démarches sont simples, moyennant un effort de volonté :

  • Tout d’abord, il faut publier une annonce dans son immeuble et son quartier, pour lancer un appel à collaboration.
  • Ensuite, il faut créer une association, au sein duquel la faisabilité du projet sera étudiée. En effet, il faut entre autres trouver l’endroit qui pourrait servir de jardin ou de potager. À ce propos, certaines mairies mettent à disposition des habitants des terrains inutilisés (ancien dépotoir, toit plat, espace inoccupé entre deux immeubles, etc.). Sinon, des particuliers ouvrent leur jardin à la communauté. Par ailleurs, il faut aussi décider des règlements à appliquer concernant la gestion du jardin partagé.
  • Dès lors, il faut s’assurer être en conformité avec la législation régissant la Municipalité.
  • Une fois ces étapes franchies, vient l’heure de recruter du monde pour jardiner. Internet regorge de plateformes permettant aux gens d’entrer en contact. Par ailleurs, les réseaux sociaux peuvent être un excellent moyen de communiquer sur le projet. Cependant, il est également possible de mobiliser les gens par du porte-à-porte, des affiches, des animations sur les places publiques, etc.

Une fois le jardin partagé créé, il faudra en assurer la survie : outre l’entretien à proprement parler, des animations permettront de perpétuer le mouvement (cafés botaniques, ateliers, trocs de plantes, etc.).

La bibliothèque partagée pour redonner une seconde jeunesse aux livres

Plutôt que de devoir se séparer de ses livres sans savoir où ceux-ci peuvent échouer, pourquoi ne pas les cataloguer dans une bibliothèque partagée (ou bibliothèque solidaire, boîte à livres, boîte à lire) ?

Sous forme d’un fichier Excel listant les ouvrages et possédant des options (« Troc », « Don », « Prêt »), une bibliothèque partagée permet de faire vivre les livres : tout le monde peut y prêter des ouvrages, mais également en donner, en emprunter ou en échanger. Les vieux livres peuvent alors retrouver une seconde vie. Il est possible de dénicher des livres en rupture de stock. Tout en rendant service aux autres, certains en profitent pour désencombrer leur chez-soi.

Le covoiturage, une solution pour fluidifier la mobilité

À l’heure de la prise de conscience sur les dangers de la pollution, lorsque les villes étouffent sous le flux de voitures, le mouvement « covoiturage » peut constituer une solution. Pourquoi ? Parce que le partage d’un trajet commun avec d’autres personnes permet de réduire le nombre de voitures circulant et donc de l’émission de gaz à effet de serre. Il s’ensuit aussi une diminution des embouteillages (avec un gain de temps) et une baisse des contraintes quant à la problématique du parking en ville.

Le covoiturage est conçu pour n’engendrer aucun bénéfice pour le propriétaire de la voiture. Cependant, ce dernier peut tout de même réaliser des économies en carburant et en maintenance, vu que les dépenses sont partagées avec les compagnons de trajet.

Le covoiturage permet aussi de tisser des liens avec les autres et d’étendre son réseau. En effet, il peut être utilisé pour se rendre au travail et à l’école, mais également pour rencontrer de nouvelles têtes pour les weekends ou les vacances. Face à une pénurie de transport en commun, le covoiturage peut représenter un geste solidaire.

Pour organiser un covoiturage, il suffit de se rendre sur des sites dédiés (comme BlaBlaCar, RoulezMalin, iDVRoom, Karos… ) et de suivre les démarches. Le conducteur publiera une annonce pour proposer des places. En retour, les passagers enverront leurs réservations et paieront en ligne.

Partager l’espace de travail pour une meilleure rentabilité

À la base, les espaces de coworking ont été conçus pour faciliter l’accès au travail des télétravailleurs : avec un lieu de travail plus proche de leur domicile, ils réduisaient la durée des trajets sans que les échanges avec les employeurs ne soient perturbés.

Cependant, le concept s’est étendu et l’idée de partager l’espace de travail a évolué. Aujourd’hui, celle-ci concerne aussi les travailleurs en freelance et les autoentrepreneurs, généralement dans le domaine du web, de la communication, de l’architecture, du marketing et du journalisme.

Pour les « petits » autoentrepreneurs, les espaces de coworking permettent de faire des économies sur les impératifs logistiques (loyer, matériel immobilier et consommables, électricité et chauffage, eau, accès internet, frais d’entretien…). Cependant, les espaces de coworking se révèlent être aussi des espaces d’échange de compétences et d’expériences, d’où peuvent émerger des projets communs et des idées innovantes.

La création d’un espace de co-working doit tenir compte des besoins des futurs utilisateurs. Accessible aux télétravailleurs par la distance, celui-ci permettra idéalement de travailler en « Open space ». Par ailleurs, il disposera au moins d’une connexion Wi-Fi, de salles de réunion et d’espaces individuels - il est possible de rajouter d’autres structures comme une bibliothèque, etc.

Le partage en ville, un terrain encore exploitable

Mettre en commun des petites parties de la vie quotidienne n’est pas une utopie et engendre des bénéfices incontestables. La redistribution des ressources alimentaires favorise l’économie et la solidarité. Le partage des espaces verts, des bibliothèques et des espaces de travail stimule les échanges. Le covoiturage participe entre autres à l’assainissement de la ville.

Mettre en commun des biens peut concerner beaucoup d’autres domaines. Par exemple, la colocation permet de se partager les frais relatifs à toute habitation, s’il ne faut parler que de cet aspect. En effet, elle peut être particulièrement intéressante chez les seniors, puisqu’elle peut repousser l’isolement et la perte d’autonomie. Le partage de maisons permet de profiter de vacances sans frais d’hébergement exorbitants. Grâce au partage des rues, les piétons et cyclistes cohabitent en sécurité avec les automobilistes ailleurs que sur les passages piétons et pistes cyclables. Dans un Repair café, des personnes de modeste condition ne pouvant pas se payer les services d’un professionnel peuvent apprendre à réparer des objets grâce à des volontaires.

En mutualisant les espaces, les infrastructures et les équipements, le partage de la ville devrait ouvrir la voie à une autre façon de vivre et contribuer à rendre l’avenir meilleur !

Pour aller plus loin :

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2016/2/11/AGRX1531165L/jo/texte

https://www.capoupascap.info/wp-content/uploads/2018/07/Installer-un-GMFS-devant-un-magasin_Le-guide-V2018-07.pdf

http://mag.ensembl.fr/astuce-3-le-jardin-partage/

http://weareup.com/le-covoiturage-domicile-travail-un-enjeu-environnemental-a-la-portee-de-tous/

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjDwMOZ58PdAhUNJBoKHY55AMsQFjABegQICRAC&url=http%3A%2F%2Fwww.hst.fr%2Fdms%2Fhst%2Fdata%2Farticles%2FHST%2FTI-DC-19%2Fdc19.pdf&usg=AOvVaw1dGfI35ai1D_xJpJyGs8N- 

http://lecube.com/revue/partager/le-partage-une-notion-au-cur-de-la-ville-de-demain

http://www.fondation-idea.lu/2018/03/30/leconomie-partage-optimiser-lespace-reenchanter-ville/

Découvrez aussi...

partage, collaboratif, vivre ensemble