À première vue, accoler l’un à l’autre les mots « agriculture » et « urbaine » tient du mariage entre la carpe et le lapin. Force est pourtant de constater que potagers, vignes, ruches, vergers et poulaillers sont de plus en plus nombreux au sein même des villes ! Éléments d’explication.

1.La campagne s’invite en ville !

L’agriculture urbaine a le vent en poupe ! Eh oui, il est de plus en plus fréquent que des denrées alimentaires soient produites en ville. Qu’ils cultivent des fruits et des légumes, qu’ils produisent des graines, qu’ils élèvent des poules et des cochons ou qu’ils récoltent du miel, les fermiers urbains mettent désormais leur savoir-faire au service des citadins. Passés maîtres dans l’art d’optimiser le moindre m² disponible, ces paysans des villes cultivent les (rares) espaces encore épargnés par le bitume : jardins partagés, murs de houblon, potagers perchés sur des toits d’immeubles, fermes verticales, parkings transformés en vergers, terrains vagues reconvertis en poulaillers… Tout est bon pour ces véritables MacGyver de l’agriculture dont certains n’ont même plus besoin de terre pour faire pousser leurs fruits et leurs légumes !

Bon à savoir 
D’ici à 2020, Paris pourra compter sur plus de 30 hectares d’espaces dédiés à l’agriculture urbaine.


2.Nourrir les citadins, oui… mais pas que !

Aujourd’hui, ce sont plus des 3/4 de la population mondiale qui habitent en ville ! Parce qu’elle permet de satisfaire une part croissante des besoins en nourriture des habitants des zones urbanisées, l’agriculture urbaine est un secteur d’avenir. Un récent rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization) a évalué à 20 kilos la quantité de nourriture pouvant être produite à partir d’une superficie de 1 m² ! Mais l’impact de cette agriculture 100 % « made in town » va bien au-delà de la production de denrées alimentaires. Une étude menée par le département de la santé britannique est ainsi arrivée à la conclusion que les conséquences pour la santé de la végétalisation des villes étaient bénéfiques. En termes d’environnement, troquer le bitume contre le végétal permettrait d’économiser jusqu’à 340 € de frais médicaux par an et par habitant !

3. Favoriser la transition écologique des villes

De nombreux bienfaits sont attachés à l’agriculture urbaine : assainissement de l’air, réduction des conséquences des inondations, captation d’azote, développement de l’alimentation biologique, amélioration de l’environnement et de la qualité de vie des citadins, préservation de la biodiversité, développement des circuits courts et des projets alimentaires locaux, contribution à la transition écologique des villes, diminution de l’empreinte carbone de la ville (plus besoin d’acheminer les produits s’ils sont produits sur place !), recyclage des déchets urbains, création d’emplois (production, distribution), etc. Bref, un véritable inventaire à la Prévert qui montre bien que l’influence de l’agriculture urbaine est loin de se limiter au contenu de nos assiettes !

Bon à savoir
Pour la deuxième année consécutive, la ville de Paris a récompensé six projets à l’issue des Trophées de l’agriculture urbaine. Dans chacune des catégories (« alimentaire », « réplicable », « innovant », « participatif », « biodiversité », « liens urbains-ruraux et coups de cœur »), un lauréat a été désigné.

Vous faites de l'agriculture en ville ? N'hésitez pas à nous partager votre expérience. 

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