En février 2017, la Fondation Abbé-Pierre se réjouissait que la loi DALO ait permis de reloger 122 000 ménages. Toutefois, elle dénonçait une augmentation du nombre de ménages à reloger. Cette année, elle signale qu’environ 12 millions de personnes font face à une crise du logement. D’autres acteurs sociaux sont également montés au créneau.

Le logement français en quelques chiffres

D’après l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), le parc immobilier français s’est agrandi entre 1996 et 2013, avec 5,7 millions de nouveaux logements. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), si de 1968 à 2013, la population n’a crû que de 28%, le nombre total de résidences a augmenté de 80%.

Toutefois :

L’ONPES rapporte qu’en 2013, seuls 28,7% des ménages aux revenus modestes étaient propriétaires, contre 71,8% des familles aisées.

  • La même institution relève que le taux de surpeuplement chez les ménages aux revenus modestes était 5 fois plus élevé que chez les foyers aisés.

En mai 2018, l’ex-ministre de la Ville Jean-Louis Borloo indique que parmi les 1500 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), 291 sont en difficulté au total.

Le mal-logement expliqué

L’augmentation du prix de l’immobilier complique l’accès à la propriété. Concernant le parc locatif, les zones urbaines attirent les ménages les plus modestes à cause d’un plus grand nombre d’emplois, alors que le marché immobilier est tendu.

Les ménages à bas revenus sont alors confrontés à trois problématiques :

  • Ils doivent vivre en surpeuplement.
  • Ils sont plus exposés aux éventuelles défaillances des habitations.
  • Ils doivent dépenser plus pour se loger, d’autant que l’État a décidé de diminuer les APL.

Or, le mal-logement compromet la santé physique et mentale, l’insertion professionnelle et la scolarité. Il augmente aussi le risque d’accidents domestiques …

Quid des lois et actions gouvernementales sur le logement ?

Pour Emmaüs France, la politique sociale du logement reste malmenée. De l’avis de Jean-Louis Borloo, les QPV en difficulté témoignent d’un souci de gestion de la part de l’État. La fondation Abbé Pierre évoque que les mesures pour lutter contre le surpeuplement sont complexes et insuffisantes.

Pour certains observateurs, la législation (lois SRU, Duflot) perturbe la dynamique du parc immobilier. La loi ALUR déstabilise les rapports locatifs. La loi ELAN pourrait aboutir à une privatisation des logements sociaux et une monopolisation du marché par les promoteurs ou grands constructeurs.

Dès lors, la Fondation Abbé Pierre préconise entre autres le « Logement d’abord » et l’application de la loi sur les logements sociaux. Ensuite, les loyers privés devraient rester encadrés, mais les propriétaires privés devraient bénéficier d’un « package » qui les motiverait plus à s’engager dans la location sociale.

Pour aller plus loin :

http://www.fondation-abbe-pierre.fr/documents/pdf/dalo_10_ans_apres_lappliquer_cest_urgent_-fevrier_2017.pdf

http://www.fondation-abbe-pierre.fr/documents/pdf/23e_rapport_sur_letat_du_mal-logement_en_france_2018_-_le_rapport_complet.pdf

http://www.fondation-abbe-pierre.fr/documents/pdf/dossier_de_synthese_rapport_2018_.pdf

http://www.fondation-abbe-pierre.fr/documents/pdf/synthese_rapport_2018_les_chiffres_du_mal-logement.pdf

https://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/2586377/LOGFRA17.pdf

http://www.cohesion-territoires.gouv.fr/IMG/pdf/sra4_complet.pdf

Découvrez aussi...

Mal logement, Loi ALUR, rapport Borloo, Fondation Abbé-Pierre