En 50 ans, la France a perdu 26 km² de territoire à cause de l’érosion de son littoral, soit la surface de 3 100 terrains de rugby1. Si l’érosion du littoral est une véritable problématique, celui inversé de la conquête des eaux en représente bon nombre. Des polders, ces étendues artificielles de terre gagnées sur l’eau, sont parfois créés par les territoires pour créer ou recréer du terrain, mais pas toujours de la bonne façon ni à bon escient.

OUI : Pour plus de terres cultivables !

Les Pays-Bas sont parvenus à gagner de la surface sur la mer au cours des siècles. Sur 41526 km², le pays compte 7150 km² de polders. Sans la construction de digues et le drainage de l'eau excédentaire, 65% de la Hollande seraient aujourd’hui sous l’eau. Depuis le Moyen-Âge, les Néerlandais ont su préserver et gagner du terrain pour se nourrir de terres agricoles et d’élevages.

NON : Cela ne s’est pas fait sans conséquence sur les populations.

En 1852, le lac hollandais Haarlemmermeer fut asséché. La colonisation de ce polder mal drainé, sans route, sans village, sans les services publics les plus réglementaires, fut un échec. Démunis le plus souvent des capitaux nécessaires pour venir à bout de la difficile période préliminaire, les cultivateurs abandonnaient alors leur sol. Sans compter que les saisonniers logeaient également dans des conditions déplorables.

NON : Les polders sont au service des conflits géopolitiques !

Depuis 2014, Pékin s'est lancé dans la construction de polders en mer de Chine méridionale. Les polders servent à agrandir des îles et à créer des pistes d’atterrissage… mais aussi affirmer sa souveraineté sur ce secteur maritime revendiqué par plusieurs autres pays2. En outre, cette « bataille » contre la mer et contre les pays voisins provoque des dommages sur les récifs coralliens et les formations rocheuses formant des archipels comme les îles Spratleys3.

OUI : Les polders façonnent des paysages propices au tourisme !

Longue de 39 km, la grande route des Polders est un magnifique circuit à vélo (plat ou presque) à travers le cœur vert de la Hollande4. Les très touristiques Île de Ré, île d’Oléron et baie du Mont-Saint-Michel ont également leurs polders qui profitent à leurs visiteurs piétons et cyclistes.

NON : Les îles artificielles dénaturent l’environnement !

Concernant Palm Islands à Dubaï, les écologistes s’inquiètent de l'impact sur l'environnement que représentent les millions de m3 de sable dragués dans le fond du Golfe5. Autres inquiétudes, le rejet de déchets des habitants de ces îles artificielles et leur impact sur l'environnement.

OUI : On peut assécher des espaces avec des procédés verts.

Gagner sur la mer ne signifie pas forcément l’utilisation d’écrasants procédés. Pour retourner chez nos chers Néerlandais, l'assèchement progressif était souvent réalisé par l’intermédiaire de pompes mues par des moulins à vent. Des plantes halophiles (croissant dans des milieux salés) comme la salicorne finissaient le travail de désalinisation et d’assèchement.

Et vous, que pensez-vous de cette lutte contre ce puissant élément Eau ? Pensez-vous qu’il est nécessaire d’engager des efforts en la matière plutôt que de consacrer l’énergie et les ressources à améliorer nos terres déjà immergées ?

1 : https://mobile.francetvinfo.fr/monde/environnement/environnement-comment-lutter-contre-l-erosion-des-cotes-francaises_2429179.html#xtref=https://www.google.fr/

2 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conflit_en_mer_de_Chine_m%C3%A9ridionale

3 : http://www.slate.fr/story/101865/polder-mer-chine-environnement

4 : https://www.holland.com/fr/tourisme/destinations/les-provinces/utrecht/la-grande-route-des-polders-39-km.htm

5 : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-palm-islands-iles-paradis-dubai-inquietent-ecologistes-12344/

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