Les graffitis sont bien visibles en plein jour, trop même pour certains. Pourtant, les auteurs - l’Auteur de l’œuvre ou l’auteur du crime selon la perception – agissent généralement la nuit. Cet art qui se vit caché est à l‘image de ce débat rarement exploré que nous tacherons ici de mettre en lumière ! « Faut-il dépénaliser la pratique du graffiti ? »

Nous parlerons plus ici de graffitis qui constituent une forme d’art urbain, et non des tags, ces signatures peintes généralement en noir qui font partie de ce que l’on appelle du « vandale ».

Oui « Les villes peuvent vraiment profiter de cet art ! »

Prenons le cas de Marseille. L’office de tourisme et des congrès de Marseille propose même un parcours guidé du Cours Julien, ce quartier où les espaces vierges sur les murs se font vraiment rares. Un street artist propose également une visite des graffitis du plus vieux quartier de Marseille, le Panier. De longs pans des murs encadrant la L21 ont été offerts à des artistes qui ont pu s’exprimer. Le graffeur réunionnais Jace a notamment créé sur ces parois la plus grande fresque d’Europe réalisée par un artiste seul.
A Berlin, c’est l’East Side Gallery (classée au patrimoine des monuments historiques !) qui impressionne les touristes. Les 1,3 km de fresques qui recouvrent la plus grande partie conservée du Mur de Berlin symbolisent la liberté recouvrée. A partir de janvier 1990, 118 artistes de 21 pays différents ont ainsi décoré le mur pour former la plus longue fresque à ciel ouvert du monde ! 

Non « On ne peut accepter les graffitis partout ! »

On ne peut pas non plus laisser tous les quartiers se faire peinturer ! Les quartiers de Marseille cités plus haut sont des exceptions, tous les autres quartiers n’obéissent pas à cette acceptation. Si l’on reste sur Marseille, il n’y a qu’à voir le fameux graffiti peint au rouleau sur une haute façade du Vieux-Port « Ya pas kelkun ki veux tombé amoureux de moi ? ». Veut-on aussi de ce genre d’empreintes sur les cartes postales ?

Oui « Pour sauver des vies ! »

Cet art urbain est pour le moment trop souvent réalisé illégalement. Les peines encourues peuvent atteindre jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30000 euros d’amende2. Pour trouver un bout de mur ineffaçable, les graffeurs ou tagueurs prennent parfois des risques inconsidérés pour « couvrir » des murs inatteignables aux nettoyeurs. Si l’on dépénalisait les graffitis, les artistes urbains courraient moins de risques, il y aurait moins d’accidents et les budgets réservés aux brigades anti-tag pourraient être transvasés à des entités plus utiles pour les citoyens.

Non : « Ouvrir les vannes de peinture aura l’effet contraire ! »

Si nous dépénalisons la pratique, nous risquons de nous retrouver avec encore plus d’impétueux graffeurs qui de toute façon finiront par prendre des risques pour défendre leur pré carré ou couper l’herbe sous le pied des autres graffeurs en visant des parcelles de murs vierges à l’accès dangereux. 

Non : « Nettoyer les graffitis coûte cher aux villes ! »

Le nettoyage coûte cher… En 2012, environ 1,2 million d'euros ont été dépensés par Nantes3 pour effacer tags et graffitis sur les murs. L’objectif de la ville ? Nettoyer automatiquement et immédiatement chaque marque sur les murs pour en décourager son auteur. Autre conséquence, les murs en pierre blanche du centre-ville s’abiment après les réguliers nettoyages.

Oui : « Le graff’ est un art à admirer… gratuitement ! »

Puisque l’on parle d’argent, ne peut-on pas tout simplement profiter de la gratuité de cet art ? Et percevoir le monde du graff’ sous un angle plus positif. Les graffitis s’invitent dans les musées4' et pourtant dans la rue, ils passeraient parfois presque inaperçus. Portons donc le regard sur cet art « gratuit » réalisé par des hommes de l’ombre sans but financier.

Et vous, après avoir lu cet article, êtes-vous pour ou contre la dépénalisation des graffitis ? 

  1. http://www.l2-marseille.com/la-l2-dans-la-ville/les-murs-de-la-l2-projet-d-art-mural.html 
  2. https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1514 
  3. https://www.20minutes.fr/nantes/1257639-20131202-ville-fache-contre-tags
  4. https://www.parisinfo.com/musee-monument-paris/71171/Musee-des-graffitis
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