1. Un dérivé du covoiturage

Si le court-voiturage présente des similitudes avec le covoiturage dont il est la déclinaison, ce mode de transport d’un genre nouveau se démarque toutefois de son modèle par certains côtés. À l’image du covoiturage, le court-voiturage implique que plusieurs personnes (collègues, voisins, parfaits inconnus…) effectuant le même trajet se regroupent dans un même véhicule et partagent les frais de transport. Écologique, économique, convivial, responsable, solidaire et respectueux de l’environnement, le court-voiturage permet donc de réduire le nombre de voitures en circulation, limitant ainsi les émissions de CO2. Mais contrairement au covoiturage, le court-voiturage se limite aux trajets courts et fréquents (domicile-travail et retour). Et là où le covoiturage traditionnel autorise le conducteur à effectuer de petits détours lorsqu’il fait monter ses passagers ou qu’il les dépose, le court-voiturage l’interdit : en clair, il n’est pas question de modifier le plan de route ! Mais cette intransigeance a une explication. Plus encore que le covoiturage, le court-voiturage vise à réduire au maximum l’empreinte carbone laissée par ses adeptes.    

 

On peut transporter une personne mille fois. On peut transporter mille personnes une fois. Mais on ne peut pas transporter mille personnes mille fois (proverbe à peu près tiré de La Cité de la Peur…).

2. Stimuler la multimodalité

Faut-il y voir une illustration du fameux effet papillon selon lequel le battement d’aile d’un lépidoptère au Brésil peut déclencher une tornade au Texas ? Toujours est-il que le fait que le court-voiturage exclut la possibilité de prendre des libertés avec la feuille de route favorise considérablement la multimodalité, c’est à dire le passage d’un mode de transport à un autre. Concrètement, et afin de pallier la rigidité du parcours, les adeptes du court-voiturage lui associent d’autres modes de transport : métro, bus, RER, tramway, trottinette électrique, etc. Une étude a d’ailleurs montré qu’un quart des trajets réalisés en France étaient réalisés en multimodal et qu’ils combinaient plusieurs modes de transport. Quant à celles et ceux qui ne verraient dans le court-voiturage qu’un simple effet de mode, ils feraient bien de se rendre sur Vianavigo. Et pour cause, ils s’apercevraient alors que cette plateforme, acteur incontournable du secteur des calculateurs d’itinéraires, compte désormais le court-voiturage parmi les différents modes de transport qu’elle suggère à ses utilisateurs. Eh oui, le court-voiturage a bel et bien fait son entrée au Panthéon des modes de transport !

Le saviez-vous ?
Preuve, s’il en est besoin, que le covoiturage est entré dans les meurs, le verbe « covoiturer » figure dans le dictionnaire Larousse depuis 2017.

3. Quel est l’impact écologique du court-voiturage ?

Une étude menée par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) tend à montrer que le bénéfice environnemental que génère le covoiturage est inversement proportionnel à la distance parcourue. En clair, plus le trajet est court, plus l’impact écologique du covoiturage est positif. Car à la question de savoir quel moyen de locomotion – à l’exclusion du covoiturage - elles emprunteraient pour effectuer une courte distance, sur les 100 personnes qu’a interrogées l’ADEME, 80 ont déclaré qu’elles utiliseraient leur véhicule personnel alors que 20 seulement opteraient pour le train… On voit que le gain environnemental du court-voiturage est clairement boosté par le recours encore quasi systématique à la voiture, à plus forte raison s’il s’agit d’un véhicule polluant (diesel, moteur mal réglé…).
En revanche, dans le cas d’un trajet à longue distance, s’ils étaient privés de la possibilité de covoiturer, 12 % des sondés auraient tout simplement renoncé à leur voyage, 63 % auraient pris le train et 2 % auraient choisi l’autocar. C’est précisément le recours fréquent au transport ferroviaire qui fait que l’impact environnemental du covoiturage est moindre sur les longs trajets. Rappelons que le TGV est l’un des moyens de transports les moins polluants : 3,2 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre et par passager.

4. Comment améliorer encore l’efficacité écologique du court-voiturage ?

Qu’il s’agisse de covoiturage ou de court-voiturage, il est possible de gagner en efficacité écologique et d’optimiser la réduction de l’empreinte carbone en :

  • augmentant le taux de remplissage des véhicules (selon l’ADEME, il est de 2,56),
  • généralisant l’usage de la voiture hybride et/ou électrique.

 

> Plusieurs sites et applis sont dédiés au court-voiture :

Karos (https://www.karos.fr/),

Klaxit (https://www.klaxit.com/),

Idvroom (https://www.idvroom.com/),

Ecov (https://www.ecov.fr/)

ou encore Citygo (https://www.citygo.me/).

Découvrez aussi...