Durable, intelligente, connectée, collaborative… Une Smart City, c’est tout ça à la fois ! Mais par quelle(s) philosophie(s) ce concept, qui est loin d’être « fourre-tout », est-il sous-tendu ? Éléments de réponse.

1. Une ville intelligente, oui… Mais pas que !

Si l’on s’en tient à sa traduction en français, une Smart City n’est autre qu’une ville « intelligente », voire « rusée ». Mais de quelle intelligence parle-t-on au juste ? Dans un premier temps, c’est clairement de l’intelligence artificielle qu’il s’est agi, les villes « connectées » mettant à profit les innovations technologiques afin d’améliorer la vie de leurs habitants et de mieux répondre à (voire d’anticiper) leurs besoins. Pour cela, elles ont ainsi pu procéder à l’automatisation de certains processus de gestion (consommation, circulation, transports…). Mais comme l’écrivit Rabelais, « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (vous avez deux heures, après, on ramasse les copies ;)). En clair, l’intelligence d’une Smart City ne saurait se limiter à son intelligence artificielle. Aussi évoluée soit-elle… Car le progrès technologique ne peut, à lui seul, combler 100 % des attentes des habitants. Par exemple, ce n’est pas parce qu’une personne dispose des moyens technologiques de s’informer sur la politique de sa ville et d’influer sur elle qu’elle va le faire. Et pour cause, de plus en plus d’habitants ne se sentent pas concernés par la vie de leur ville…

2. L’avènement de l’intelligence collective

Afin de minimiser le risque de dépendance technologique, le concept de Smart City a donc dû évoluer. Dans une approche résolument « collaborative », une plus grande importance a alors été accordée à la participation des citoyens. Ceux-ci sont ainsi devenus les acteurs centraux de la ville intelligente. En faisant en sorte de mobiliser l’intelligence collective tout en continuant de piocher dans sa « boîte à outils » numérique, la Smart City s’est alors rendue capable de répondre, avec toujours plus d’agilité, aux besoins de celles et ceux qui la peuplent. Mais loin de supplanter l’intelligence artificielle ou de s’en défier, l’intelligence collective l’a, au contraire, agrégée. Intelligence artificielle et intelligence collective ont ainsi additionné leurs forces.

< L’équation de la Smart City pourrait être… >

Intelligence artificielle + intelligence collective = durabilité

3. Objectif : durabilité !

Si la Smart City est connectée et collaborative, elle est également durable. En tout cas, c’est ce vers quoi elle tend. L’intelligence artificielle et l’intelligence collective ne sont, par conséquent, que des moyens d’y parvenir. Par le biais de projets à la fois économiques, environnementaux et sociaux, la Smart City s’appuie donc sur son intelligence (connectée + collective) afin d’offrir à ses habitants une qualité de vie optimale : plus de confort, des inégalités sociales réduites, un meilleur accès à l’information, à la culture, à l’éducation… Pour pérenniser cette qualité de vie et atteindre son objectif de durabilité, la Smart City a toutefois pris conscience qu’il était également essentiel de préserver l’environnement. Notamment en faisant évoluer les habitudes de consommation de ses habitants, en réduisant l’empreinte environnementale, en procédant à une urbanisation responsable, en améliorant l’efficacité énergétique des bâtiments, en favorisant la production locale d’énergie et en gérant plus intelligemment les ressources dont elle dispose.

4. Concrètement, ça donne quoi ?

Pour paraphraser (à peu près…) Napoléon qui avait coutume de dire qu’« un bon croquis valait mieux qu’un long discours », rien de tel que quelques exemples de Smart Cities pour aider à en appréhender le concept.


> À Barcelone, tout d’abord, une application développée par la ville vient en aide aux automobilistes en leur indiquant les parkings à proximité de leur véhicule. Dans le même ordre d’idée, les véhicules de secours catalans sont dotés d’un boîtier leur permettant, en cas d’urgence, de faire passer au vert les feux de circulation tout au long de leur trajet pour se rendre jusqu’au lieu d’intervention.


> Autre ville à avoir négocié le virage de l’intelligence collaborative, Tel Aviv, qui travaille actuellement à la mise en place d’un monorail révolutionnaire. Baptisé Skytran, ce tramway aérien constitué de capsules suspendues électro-magnétiquement désengorgera le trafic routier et réduira l’empreinte carbone de la ville.


> À Las Vegas, ce sont les piétons eux-mêmes qui, en marchant sur les dalles cinétiques dont les trottoirs de la ville sont équipés, alimentent les lampadaires en électricité !


> À Melbourne, en Australie, des capteurs électroniques équipent les poubelles publiques. Lorsque celles-ci sont pleines, un signal est envoyé automatiquement aux services de nettoyage de la ville.


> Enfin, le programme « Sharing City » qu’a lancé le maire de Séoul en 2012 vise à apprendre à consommer différemment. Désireux de faire de la capitale coréenne une ville 100 % collaborative, Park-Won Soon promeut le partage (espaces de travail, parkings, équipements, etc.) auprès de ses administrés et s’efforce de les faire adopter un comportement plus solidaire.

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