Vous souhaitez « éco-rénover » votre maison pour qu’elle devienne non seulement moins énergivore mais aussi moins impactante pour l’environnement ? Et tout cela, bien sûr, en utilisant des matériaux respectueux de l’écosystème ? Voici la marche à suivre pour réussir cette transformation. 

1. Performances énergétiques : un bilan s’impose 

Plutôt que de vous lancer à l’aveuglette dans des travaux de rénovation visant à « écologiser » votre maison, mieux vaut savoir où vous mettez les pieds. Thermiquement parlant, un bon moyen de connaître les forces et les faiblesses de votre logement consiste, par exemple, à établir un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Les informations que ce document vous livrera (consommation en énergie du bâtiment, recommandations d’amélioration énergétique…) vous permettront de cibler les travaux à réaliser en priorité dans le cadre de la rénovation écologique de votre maison. Vous pourrez aussi, ce qui n’est pas moins important, estimer leur coût et choisir le professionnel auquel vous confierez ces travaux. Obligatoire en cas de vente comme de location, la réalisation d’un DPE par un expert certifié coûte le plus souvent entre 150 et 250 €.

Bon à savoir
Une fois muni de votre « audit thermique », faites réaliser des devis auprès non pas d’un seul mais de plusieurs artisans spécialisés dans le domaine de la rénovation écologique.

2. Ne négligez pas l’isolation

Si l’argent est le nerf de la guerre, l’isolation pourrait bien être la clé de voûte de tout chantier d’éco-rénovation. Et pour cause, une « green house » digne de ce nom se doit de limiter son impact sur l’environnement en réduisant sa consommation d’énergie. Or il ressort de la plupart des études réalisées à ce sujet que le poste « chauffage » représente, à lui tout seul, pas moins des 2/3 des dépenses énergétiques d’un logement. Eh oui, trop de logements sont, encore actuellement, de véritables « passoires thermiques »… D’où l’importance cruciale que revêt l’isolation thermique en termes de rénovation écologique. Si la toiture, responsable de 30 % des déperditions thermiques d’une maison est à surveiller de près, elle n’est pas la seule porte de sortie qu’emprunte la chaleur pour s’échapper. Les autres postes à surveiller sont :

  • les murs (mal isolés, ils pèsent de 20 à 25 % dans le total des déperditions thermiques),
  • les fenêtres (dotées d’un vitrage inadapté, les parois vitrées sont responsables de 10 à 15 % des pertes de chaleur),
  • les ponts thermiques (les jointures entre les murs, les sols, les portes et les fenêtres laissent passer entre 5 et 10 % de la chaleur),
  • les sols (à défaut d’un vide sanitaire ou encore d’un isolant efficace, 10 % des déperditions énergétiques se font par le sol d’une maison).

 

3. Privilégiez les matériaux écologiques

Si c’est à ses outils que l’on reconnaît le bon ouvrier, c’est par les matériaux utilisés dans le cadre de son éco-rénovation que l’on reconnaît une maison écologique. Respectueux de l’environnement mais aussi de la santé des habitants (les émissions de polluants sont, par exemple, limitées) , à la fois durables et éco-responsables, ces matériaux se caractérisent par une grande diversité. Chanvre thermolié, feutre de laine de mouton, ouate de cellulose, paille, laine de mouton ou encore liège constituent ainsi des isolants très efficaces. Il existe d’ailleurs des labels attestant des performances thermiques des matériaux éco-responsables : Acermi, Acotherm , Éco-artisan, Natureplus, etc. 

Bon à savoir
Créé en 2012, le label « bâtiment biosourcé » vise à « promouvoir l’utilisation de ressources de proximité, à dynamiser le tissu économique local et à favoriser le développement et la structuration d’éco-industries dans les territoires et à offrir un choix plus large de matériaux et de produits pour les maîtres d’ouvrage ». Pour être biosourcé, un matériau doit être issu de la biomasse animale ou végétale.

4. Optez pour des équipements utilisant une source d’énergie renouvelable

Dans le cadre du chantier d’éco-rénovation dans lequel vous vous lancerez, ne faites pas l’impasse sur vos équipements (chauffage, production d’eau chaude sanitaire). Conserver des équipements trop énergivores risquerait de ruiner tous les efforts que vous auriez entrepris pour transformer votre maison en « green house »… Au contraire, vous équiper d’une chaudière à micro-cogénération, d’une pompe à chaleur (géothermique ou aérothermique) voire d’un chauffe-eau solaire ou thermodynamique vous fera réaliser des économies tout en préservant l’environnement. Quant à la puissance de vos appareils de chauffage, elle pourra être inversement proportionnelle à la qualité de votre isolation. En clair, en consommant moins, vous vous chaufferez mieux.

5. Réduire sa consommation, c’est bien… Produire son énergie, c’est mieux !

Si, après travaux, votre maison consomme annuellement moins de 80 kWh/m², elle sera dite « à basse consommation ». Dans le cas d’une maison dite « passive », l'absence de chauffage pourra même être compensée par une isolation de qualité, une parfaite étanchéité, l’utilisation intelligente de l’énergie solaire et une ventilation maîtrisée. Enfin, tirer profit des énergies photovoltaïques et éolienne pourra faire que votre maison produira plus d’énergie qu’elle ne consomme.

Bon à savoir
Effectuer des travaux visant à améliorer les performances énergétiques de votre résidence principale ouvre droit, sous conditions, à des aides financières. Le Crédit d’Impôt Transition Énergétique (CITE) permet ainsi de déduire de vos revenus une partie (15 %) des dépenses engagées pour l’achat de matériaux d’isolation thermique et la réalisation – par un professionnel Reconnu Garant de l’Environnement (RGE) - des travaux.

Les points clés à retenir

  • « Écologiser » sa maison existante est certes plus compliqué que de construire une maison écologique mais pas impossible.
  • Faire de votre logement une « green house » implique de réduire son impact sur l’environnement, d’utiliser des matériaux éco-responsables et de faire baisser sa consommation énergétique..
  • Côté performances, les matériaux naturels n’ont plus rien à envier aux matériaux traditionnels..
  • Transformer sa maison en « green house » peut – sous conditions  d’éligibilité – vous permettre de bénéficier d’une aide financière (CITE). 
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