La productivité est appelée à s’améliorer en s’appuyant sur les nouvelles technologies et les progrès réalisés dans l’organisation du travail. La division du travail au sein de l’entreprise a fait ses preuves quoique d’un autre côté, le côté humain ait pu perdre beaucoup de ses aspects.

Qui dit productivité dit efficacité et surtout efficience. On comprend surtout productivité comme étant le rapport entre la quantité de travail fourni et le nombre d’heures dépensées pour réaliser ce travail. Ainsi, le personnel est le paramètre fondamental de ce rapport. Mais si les ressources humaines attendues pour réaliser le travail rechignent à le faire, le rapport est faussé.

Une approche systémique du problème de la productivité

L’absentéisme, principal frein de la productivité

L’absentéisme a des répercussions évidentes sur la productivité. Le rapport de Malakoff Médéric place la population active en France avec 16,6 jours d’absence en moyenne derrière l’Italie, l’Allemagne et aussi l’Espagne. Outre les 3 jours de carence appliqués pour cause de maladie, ce chiffre en hausse est souvent lié au manque de motivation du salarié pour son travail. Ce manque d’entrain est le résultat du mal-être du collaborateur dans son environnement. Ou encore, c’est le cadre de travail qui ne prête pas à des élans d’initiative. Tandis que dans d’autres cas, le mobilier n’encourage pas une concentration sur la tâche à faire.

Le travail et son environnement

À une échelle encore plus grande, l’ambiance de travail est parfois un véritable frein au développement d’idées novatrices qui pourraient donner de l’allant à la productivité du collaborateur. Sur un tout autre plan, l’environnement dans lequel évolue le salarié peut l’empêcher de vraiment s’épanouir pour donner le meilleur de lui-même. Nombreux sont donc les paramètres internes voire externes, qui peuvent influencer le bien-être d’un employé.

  • L’éclairage   

Une pièce de bureau trop illuminée aura pour effet d’éblouir tout en donnant l’impression de ne pas percevoir la lumière naturelle du jour. Il est conseillé d’utiliser un éclairage à faisceaux ascendant. L’avantage d’un tel éclairage est de diffuser une lumière d’ambiance commune.   

  • Le bruit

Trop de bruit provenant de l’extérieur peut agir négativement sur la concentration des collaborateurs. Pour y parer, il faudra penser à l’isolation phonique et acoustique des bureaux.

  • Anticiper sur une reprise après une longue absence

Cette action est surtout utile pour prévenir les TMS – troubles musculo-squelettiques. En effet, un employé reprenant le travail après une longue période maladie ne sera pas dans les mêmes dispositions morales et physiques que ces collègues qui n’ont pas subi le même traitement que ce dernier. Organisation du bureau, des pauses et aussi de son rendement doivent être en adéquate proportion avec ses capacités physiques.

La personnalité du collaborateur

Il est vrai que le background du collaborateur entre aussi en considération. Si les relations entre l’entreprise et le salarié ne se résument qu’à une image de « métro-boulot-dodo », la productivité ne peut que tendre vers une stagnation, voire même à une régression.

Quand le salarié n’éprouve que contrainte et harcèlement dans l’accomplissement de sa tâche, l’ardeur au travail n’est plus que simulation et son effort ne trouve pas le sens qu’il devrait avoir dans la finalité du travail. De fait, la recherche de la productivité devient en quelque sorte le « cadet des soucis » du collaborateur.

Un survol du volet santé des collaborateurs

Outre les accidents de travail, les maladies professionnelles embrassent une large frange de salariés et les lombalgies restent un problème récurrent qui tend à prendre toujours plus d’ampleur. Les Troubles musculo-squelettiques (TMS) sont les plus répandus dans le monde du travail. Selon les estimations de la CNAM, les TMS constituent les 20% du nombre total d’accidents du travail en 2015.

Il faut savoir qu’une lombalgie sur 5 entraîne un arrêt de travail, de sorte que les TMS sont, selon la CNAM, la première cause de journées de travail perdues.  Par ailleurs, 30% des arrêts de travail de plus de 6 mois sont dus aux TMS. Les plus exposés aux TMS sont les métiers d’aide et de soins à la personne, l’agroalimentaire, l’industrie automobile et la grande distribution. Selon le Back Office Santé, les TMS constituent 80% des maladies professionnelles et il y a une augmentation de 8 à 10% par an. La lombalgie est la troisième cause d’admission en invalidité.

Les régions les plus touchées par ces troubles sont le cou, l’épaule, le coude, le poignet, le dos et le genou. Même les collaborateurs sédentaires ne sont pas à l’abri, car le « syndrome de la souris » tend à se répandre et affecte aussi bien les hommes que les femmes.

Le métier et ses risques | La sécurité au travail

Sécurité et productivité

Quel que soit le métier qu’un individu exerce, les risques inhérents existent. La perception de ces risques, indépendamment des faits visibles qu’ils présentent, est fonction de la personnalité du collaborateur. Car un salarié qui vit dans la hantise d’une menace pour son intégrité physique ou mentale ne peut pas donner son plein rendement.

Dans la recherche de la praticité et du bien-être du collaborateur dans l’accomplissement de sa tâche, ses outils ont été affinés et ne cessent d’être améliorés. Des recherches sont initiées dans divers domaines incluant la psychologie pour donner au salarié la meilleure garantie pour la qualité de vie.

Sécurité morale et prise de responsabilités

Outre les tâches qui comportent de réels engagements physiques de la part du collaborateur, il y a celles dont les incidences sont plus insidieuses. Le collaborateur a conscience que les responsabilités dont il a la charge pèsent sur ses épaules et l’empêchent de s’épanouir à moins de disposer de moyens adéquats matériels et moraux.

En fonction de la personnalité du salarié, il réagit différemment des autres face aux responsabilités qui lui incombent. Son confort moral est surtout conditionné par l’environnement matériel où il évolue. Il faut ainsi un certain degré de courage pour les hommes de plume qui doivent assumer leurs écrits, étant entendu que les lecteurs n’auront ni la même interprétation ni la même lecture de leurs textes.

Les effets positifs d’une ergonomie efficiente

Collaborateur heureux, collaborateur productif

Il apparaît clairement qu’un collaborateur qui croit en ce qu’il fait et qui trouve un sens dans les tâches qu’il assume est un collaborateur heureux réceptif à l’innovation et à l’organisation. C’est de l’état d’esprit du collaborateur qu’il est question quand on se penche sur les questions d’ergonomie du travail. Pour plagier sommairement Karl Marx, il faut reconnaître que l’infrastructure conditionne la superstructure. Ainsi, un collaborateur bien installé qui dispose de ce dont il a besoin pour accomplir pleinement sa tâche est à même de produire au mieux qu’il peut. Certaines études initiées par l’Université de Warwick (Royaume-Uni) concluent que la productivité des salariés heureux augmenterait de 12%. En effet, le collaborateur est plus détendu et se sent moins fatigué quand son environnement de travail est pensé pour lui faciliter la tâche, car agréable.

Au bon ouvrier, de bons outils

L’obligation de travailler avec des outils jugés obsolètes – surtout comparés à ceux d’autres lieux de travail – peut démotiver le salarié. En effet, tout salarié aspire à vivre son siècle et ne pas rester à la traîne des nouvelles techniques et des innovations technologiques.

Le salarié est bien à son aise quand son poste de travail comporte les dernières innovations qui lui font oublier les mauvaises postures ainsi que les gestes inutiles et fatigants. Ainsi les claviers séparés et ondulés rendent ses doigts plus détendus et plus agiles tandis que l’écran vertical lui donne une tout autre dimension de la visibilité – pour éviter le scrolling, qui consiste en l’utilisation de la molette pour descendre des pages internet. Pour couronner le tout, son siège ergonomique lui permet de ménager son dos et ses bras et ne plus endurer la torture d’une fatigue répétitive.

Ergonomie du travail et économies

L’ergonomie du travail est de ce fait une condition à prioriser, car en y consacrant les efforts nécessaires, l’entreprise initie une démarche gagnant-gagnant. Le salarié perçu comme une personne à part entière voit ses attentes prises en considération et génère alors des bénéfices concrets à l’entreprise. Le collaborateur est toujours à son poste, car bien portant et motivé. Cette aptitude positive évite à l’entreprise des dépenses en frais de santé et de rémunération d’un remplaçant temporaire. Une étude de l’Institut Chapman avance ainsi que les dépenses liées aux problèmes de santé des salariés baisseraient de 25% si l’ergonomie du travail est ce qu’elle devrait être.

Le salarié reconnaît le bien-fondé du temps passé à la formation pour lui faire prendre de nouvelles habitudes quant à la posture à adopter pendant son travail. Des services de professionnels freelances proposent ce genre de formation pour apprendre au personnel de l’entreprise les gestes qu’il faut intégrer et ceux qu’il faut éviter. Le changement de comportement que l’entreprise veut asseoir au sein de l’équipe par rapport à ces anciennes imperfections est toujours perçu de façon positive par le collaborateur.

Ergonomie et ardeur au travail

Un lieu de travail plus humain, car soucieux du bien-être des salariés constitue l’effort vers lequel tendent les entreprises qui veulent réussir dans l’environnement concurrentiel du IIIe millénaire. Un meilleur bien-être au travail a pour incidence positive la diminution significative des arrêts maladie. La réduction de l’absentéisme, cause importante de la faiblesse de la productivité dans le lieu de travail se verra limitée. Le salarié attend que l’employeur prenne en considération le bien-être physique et mental du collaborateur. L’ergonomie du travail repose en grande partie sur des leviers simples qui ne demandent pas de gros investissements à mettre en place et qui, pourtant, apportent de réels bénéfices aussi bien au salarié qu’à l’employeur.

Les solutions initiées pour implémenter l’ergonomie du travail

Aménagements pour une meilleure collaboration

Depuis plusieurs années déjà, diverses actions ont été entreprises pour donner à la qualité de vie du collaborateur la place qu’elle devrait avoir dans le monde du travail. Ce sont les startups de la Silicon Valley qui, les premières, se sont engagées dans la mise en place de conditions qui permettent au salarié de jouir d’une certaine liberté – sinon une liberté certaine – sur les questions de temps de travail de l’entreprise. L’espace de travail est, lui aussi, aménagé de sorte que la communication et la convivialité soient les maîtres mots. Tout signe de barrière est effacé à commencer par les murs des bureaux et postes de travail individuels.  Les collaborateurs s’appellent par leur prénom pour des échanges plus fluides et plus rapides d’informations. Le but avoué est de mettre le collaborateur à l’aise pour qu’il puisse librement s’exprimer et donner son avis qui compte. Ce bien-être psychologique est d’une grande importance, car c’est un rempart efficace contre le burn-out.

« incentives » les plus usités

Les motivations pour encourager les initiatives payantes ne sont pas en reste. Outre les indemnités versées à titre de prime pour services marquants, des avantages en nature et des offres de vacances figurent dans la panoplie des incentives – intéressements financiers – mis en place par les entreprises. Plus détendu et moins fatigué, le salarié participe davantage aux moments informels de l’entreprise. Plus motivé, il accepte plus facilement les nouvelles missions mises en chantier par l’entreprise. Prenant à cœur son travail, il échange les informations avec les collaborateurs même pendant les pauses. Ce qui a forcément un impact positif sur la productivité.

Les innovations pour assurer un environnement de travail harmonieux et durable

Un cadre légal en action

Outre les divers agencements logistiques et l’organisation de travail qui s’est affinée au cours des dernières années, des textes législatifs sont venus bâtir un cadre permanent aux questions d’ergonomie du travail. Ainsi, les protocoles de sécurité qui préviennent les accidents de travail, de même que la protection sociale du collaborateur sont des composantes de l’ergonomie du travail.

Les versions beta futuristes pour révolutionner l’ergonomie du travail

Comme le secteur précurseur est de tout temps le milieu militaire, le civil s’attend déjà à bénéficier des retombées des armures du futur dans l’équipement des manutentionnaires et des ouvriers dans les situations à risque. La manipulation de robots humanoïdes met le collaborateur à l’abri des accidents que devrait normalement encourir un humain dans certaines tâches. Dans un tout autre sujet, la configuration du clavier et de la souris ainsi que la conception de l’écran sont autant de domaines où la recherche excelle pour donner au collaborateur le meilleur produit qui ménage sa santé.

Conclusion : réussir le maillage entre environnement naturel et évolution technologique

Les effets que l’on peut juger pervers de la révolution industrielle ont eu des conséquences sur le travail (plus rythmé, parfois plus spécialisé), avec des maladies inhérentes. Pour un développement durable, il y a lieu de ménager l’environnement. Or, sachant que l’homme est la première composante de l’environnement, à quel niveau les entreprises doivent-elles relever les standards de l’ergonomie ? L’entreprise a-t-elle intérêt à mettre en place les installations et les aménagements qui tiennent compte des accommodations recherchées par le salarié pour bien faire son travail ? Nous pensons que oui.

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