Co-conception : quand les habitants deviennent concepteurs…

11/04/2018

Qu’ils optent pour l’autopromotion ou pour l’habitat participatif, les particuliers sont de plus en plus nombreux à s’impliquer dans la réalisation de leur logement. Motivés par la perspective de vivre ensemble dans un appartement ou une maison qui leur ressemble et soit adaptée à leurs besoins, ces « habitants-concepteurs » n’hésitent pas à redistribuer les cartes du secteur de la promotion immobilière et à faire bouger les lignes.

1. On n’est jamais mieux servi que par soi-même (enfin, il paraît…)

C’est un fait, les usagers sont de plus en plus nombreux à vouloir s’impliquer davantage dans leurs logements. L’implication croissante des habitants dans le processus opérationnel de la conception/construction de leur résidence peut prendre la forme de groupes de réflexion réunissant experts, promoteurs et résidents. Ces réunions de concertation sont doublement utiles car elles permettent d’instaurer un dialogue constructif et équilibré entre les différents acteurs du projet mais aussi de partir des besoins exprimés.

Si l’habitat participatif permet à des groupes de citoyens de concevoir, de créer et de gérer collectivement leur résidence pour que celle-ci réponde à leurs aspirations, certains habitants veulent encore plus de contrôle. Pour s’assurer que leur projet immobilier collectif leur ressemblera vraiment, ils n’hésitent pas à faire l’impasse sur le promoteur et à opter pour l’auto-promotion. S’ils doivent vivre ensemble, alors c’est ensemble qu’ils feront sortir de terre leur futur logement ! Mais si l’autopromotion et l’habitat participatif sont gage de liberté et créent indéniablement du lien entre les habitants-concepteurs, ils nécessitent des connaissances (techniques, juridiques…) qu’un particulier n’a pas forcément. On ne s’improvise pas maître d’ouvrage, capable de gérer l’ensemble des intervenants à l’acte de construire : architecte, bureaux d’études et de contrôle, entreprises de construction, etc. Enfin, opter pour l’auto-construction implique souvent de faire des sacrifices familiaux. En effet, construire sa maison sans l’aide de professionnels est particulièrement chronophage. Le plus souvent, vous devrez y consacrer entre un et deux ans de votre vie. Voire trois à quatre années s’il s’agit d’un immeuble collectif.

2. La co-conception replace l’usager au cœur du projet immobilier

« La forme d’une ville change plus vite que le cœur d’un mortel » (I. Calvino). Sauf que parfois, ça ne va pas assez vite ! En effet, force est de constater que dans une large proportion, les logements actuels ne sont pas adaptés aux nouveaux modes de vie : familles monoparentales, familles recomposées, colocations… Et bien peu d’habitations disposent d’espaces communs et de services partagés (buanderie, salle commune, potager…). Même lorsque l’on choisit de faire construire, la possibilité de s’offrir un logement qui soit véritablement « sur-mesure » n’est bien souvent qu’illusoire. Et pour cause, faire faire des modifications dans son futur logement tient généralement du parcours du combattant. En conséquence, beaucoup y renoncent, découragés…

Quelques promoteurs ont toutefois pris la mesure de ce décalage entre les attentes (en constante évolution) des habitants et les logements qui leur étaient proposés jusque là. Prenant acte de la propension des usagers à se rassembler pour faire valoir leurs intérêts et de leur désir croissant de s’impliquer dans la conception de leurs logements, le secteur privé de l’immobilier est en train d’évoluer. De plus en plus de promoteurs réalisent, en effet, qu’il est essentiel d’agréger collectivement les futurs propriétaires dès la phase de conception, de valoriser le dialogue particuliers/professionnels du bâtiment et d’intégrer progressivement le concept de co-conception dans l’ADN de leur profession. C’est un véritable paradigme grâce auquel prix les promoteurs optimiseront leurs chances de livrer des logements répondant parfaitement aux attentes de ceux qui y vivront.

Bon à savoir :
habitat participatif… Que dit la loi ?

  • La co-conception est un processus en VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement), ce qui permet aux futurs acquéreurs de bénéficier des nombreuses garanties et protections juridiques qu’offre ce contrat.
  • En vertu des dispositions de l’article 47 de la loi n°2014-366 du 19 février 2014, un groupe de personnes désireuses de construire un logement en vue de l’habiter toutes ensemble peuvent officialiser leur projet de vie collectif en créant une société d’habitat participatif (coopérative d’habitants ou société d’attribution et d’autopromotion).

Si cet article vous a plu, rejoignez-nous pour co-construire votre habitat de demain.

Par Xavier Beaunieux

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