Autre concept venu d’outre-Atlantique, le sneckdown consiste, en urbanisme, à définir les zones inutilisées par les automobilistes dans les rues, grâce aux traces de roues laissées sur la neige. Le phénomène est aujourd’hui de plus en plus relayé dans les pays européens, et peut s’avérer efficace pour améliorer l’usage de l’espace public. Le sneckdown permet aussi de porter un regard nouveau sur l’aménagement urbain, et en particulier, de repenser et de rééquilibrer l’usage des rues par les automobilistes et les piétons. Plus d’espace pour les piétons, les cyclistes et les zones aménagées, et moins d’occupation de la rue par l’automobile, c’est possible avec le sneckdown.

D’où vient le sneckdown ?

Ce mot vient de deux termes : « snowy » et « neckdown ». Inventé par le blogueur de rue américain Aaron Naparsteck, il signifie littéralement « saillie de trottoir enneigée », en référence à l’épaisse couche de neige restée sur les saillies de trottoir. Le mot sera par la suite rendu populaire par le vidéaste de rue Clarence Eckerson, directeur de Streetfilms, lorsqu’il le poste pour la première fois sur Twitter en janvier 2014 après l’avoir inspiré de ses vidéos de rue. Si au départ l’idée était de parler de la prudence dont font preuve les automobilistes en présence de ces monticules de neige, désormais elle porte sur la délimitation des zones qui pourront être restituées aux piétons. En effet, les conducteurs semblent éviter soigneusement ces amas enneigés en faisant de grandes courbes, tout en roulant plus lentement. 

Comment utiliser le sneckdown ?

En présence de neige, on peut observer les trajectoires des automobilistes, qui ne roulent pas sur la zone de la chaussée qui leur a été attribuée au départ. Cette zone mise en évidence par la neige vierge pourra être aménagée pour la rénovation urbaine ou pour l’usage des piétons. Sous l’impulsion de Clarence Eckerson, et grâce à la puissance des médias sociaux, l’idée fait son chemin auprès des responsables de localités, des urbanistes et des ingénieurs spécialisés dans la construction routière. Le sneckdown est ainsi utilisé dans plusieurs grandes villes américaines, canadiennes et bientôt européennes pour délimiter des zones potentielles à usage du piéton ou du cycliste. Autre option : la transformation de l'espace non utilisé en place publique.

Des espaces supplémentaires à aménager, et moins de place pour la voiture ?

Le phénomène du sneckdown a amené à une conclusion : la voiture n’a plus l’hégémonie dans l’espace urbain. Et c’est l’automobiliste lui-même qui aura été à l’origine de cette nouvelle donne, et cela, grâce à la neige ! Avec la force des réseaux sociaux, appuyée par des photos, on découvre que les endroits potentiellement aménageables sont nombreux aux coins des rues, aux intersections des artères, etc. 

L’initiative des inventeurs du sneckdown ont permis de mettre en évidence l’importance de mieux répartir les zones attribuées aux voitures et aux piétons. Et le concept s’avère indéniablement efficace pour délimiter les zones qui pourront être gagnées sur la rue. Après tout, les voitures ont besoin de moins d’espace qu’il ne leur faut pour rouler. Et vous, seriez-vous prêts à céder de la place en tant qu’automobiliste lorsque vous roulez en ville ? En tant que piéton, souhaiteriez-vous disposer d’une zone de circulation plus élargie et sécurisée ? 

Pour aller plus loin :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sneckdown

http://proposmontreal.com/index.php/le-sneckdown/

https://www.elueslocales.fr/urbanisme/repenser-lamenagement-urbain-grace-a-neige/

https://www.francetvinfo.fr/meteo/inondations/sneckdown-plus-de-trottoirs-grace-a-la-neige_2614168.html

https://www.euro-assurance.com/actualites-assurance/sneckdown-trottoirs-neige-oreilles-mickey.html

Découvrez aussi...
Innovons : la Qommunauté