Les récentes inondations à Paris, et plus en amont dans le temps à Montpellier, ont fait remonter à la surface des questionnements sur notre manière de lutter contre les éléments. Voyons ici quels sont les nombreux facteurs qui provoquent des inondations et les solutions qu’il faut mettre en place pour éviter de futures catastrophes naturelles « aquatiques ».

Les inondations dépendent de nombreux facteurs

La ville de Quimperlé, ville finistérienne régulièrement soumise aux inondations, explique dans un document adressé aux citoyens comment se provoquent les submersions. « Sur la commune de Quimperlé, elle peut être due à une augmentation du débit d’un cours d’eau provoquée par des pluies importantes et durables sur l’Isole et/ou l’Ellé, conjuguée éventuellement à une marée importante (cas de Laïta), avec ou sans tempête associée».La mairie de Quimperlé précise que la hauteur de ces inondations dépend de :

- l’intensité et la durée de précipitations

- un coefficient de marée et des surcotes : dépression, vent…

- une couverture végétale et la capacité d’absorption du sol

- la présence d’obstacles à la circulation des eaux

-  les moyens de lutte mise en œuvre comme des barrières anti-inondations par exemple.

Repenser les territoires pour éviter les risques d’inondation

Déjà au XIXème siècle, l’ingénieur Comoy indiquait qu’il faut « faire la part de l’eau ». Autrement dit, il faut laisser les eaux pénétrer dans des espaces pas ou peu urbanisés du lit majeur par des déversoirs pour les fortes crues. Mais faire la part de l’eau implique de limiter la part de l’homme. Et parfois, comme c’est souvent le cas, les habitations sont souvent déjà implantées dans les zones à risques. Si les digues, les vannes et les polders servent à contrôler les eaux, il faut aussi penser à créer des zones tampons. En amont de Paris, un cinquième bassin serait ainsi en voie d’être créé pour compléter les quatre retenues déjà existantes et ainsi mieux réguler les crues de la Seine.

Il existe aujourd’hui en France diverses lois concernant la prévention des inondations, comme l’article L125-2 duCode de l’environnement qui stipule que « les citoyens ont un droit à l’information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui les concernent ».

Mais la prévention se retrouve aussi dans l’adaptation des habitations face aux inondations. Emma Aziza, experte en gestion du risque inondation, explique qu’ « on peut par exemple rehausser les seuils, transférer les chambres au premier étage, éviter la pose de moquette ou de parquet flottant au rez-de-chaussée, et pour les extérieurs, veiller à ce que les murs et clôtures favorisent l’écoulement des eaux ». La ville de Cannes a en outre investi dans 745 clapets anti-retour pour empêcher que les eaux des égouts ne remontent dans ses bâtiments municipaux.

Une autre loi très importante impose l’entretien de tous les cours d’eau, ce qui n’est pas toujours le cas, d’où l’importance des Chantiers Rivières de l’AAPPMA, la Fédération Nationale de la Pêche en France.

Côté technologie, des radars météo permettent de suivre le niveau des précipitations. Cependant, Daniel Schertzer, chercheur à l’École nationale des Ponts et Chaussées, pense qu’il faudrait les remplacer par de nouveaux radars qui « permettent un niveau de résolution de 125 m contre 1 km ».

Enfin… sus au béton ! Avec l’asphalte,  les deux compères  sont omniprésents dans les villes et empêchent les sols de jouer leur rôle d’éponge. Les terres agricoles surexploitées perdent aussi leur perméabilité – et c’est beaucoup le cas pour les grandes cultures d’Ile-de-France. Un sol soumis au labour et aux pesticides absorbe ainsi 1 à 3 mm d’eau par heure tandis qu’une terre riche en matières organiques absorbe jusqu’à 300 mm d’eau par heure.

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