En matière de sécurité des piétons, une originalité débarque en France : des passages protégés en 3D pour inciter les conducteurs à décélérer. Tour d’horizon de ce nouveau et surprenant horizon pour les conducteurs.

Passage pour piétons en 3D, l’art au service de la sécurité

L’effet est saisissant. Des blocs de béton blancs comme suspendus dans l’air au travers de la chaussée, faisant office d’obstacles. Cependant, il ne s’agit nullement d’un amusement, mais de la sécurité des piétons. Des malins ont imaginé des passages pour piétons en 3D afin de surprendre les automobilistes et leur faire lever le pied.

Pourquoi des passages pour piétons en 3D ?

Dès 2008, aux Etats-Unis, à Philadelphie en Pennsylvanie, des bosses en 3D ont été peintes sur certaines routes afin de contraindre les conducteurs à ralentir. Le principe a été repris au Canada en 2010, avec l’illusion optique d’une fillette courant après un ballon sur la chaussée. Ensuite, les passages pour piétons en 3D ont fleuri en Chine, Inde, Islande, Espagne, Australie, Belgique, etc.

En France en 2017, selon le bilan de l’ONISR sur l’accidentalité routière, la route a tué 75 piétons de moins qu’en 2016. Toutefois, 484 décès par collision ont été encore recensés. Pour les deux premiers trimestres de 2018, 211 pertes de piétons ont déjà été annoncées.

D’après l’Association Prévention Routière, en 2016, un tiers des accidents découlait d’une vitesse excessive ou inadaptée. Plus que l’usage du téléphone au volant et même l’ébriété. Feux rouges, dos-d’âne et cassis sont conçus pour faire freiner les automobilistes, mais un passage pour piétons en 3D représenterait une alternative, d’ailleurs moins offensive.

Le passage pour piétons en 3D : un moyen de sensibilisation intéressant ?

Dans l’Hexagone, l’idée du passage protégé version art urbain a été adoptée pour la première fois au Nord, à Cysoing en 2017. Pour créer le leurre et pour deux fois plus que le prix d’un passage « classique », le groupe Hélios, spécialisé dans le marquage au sol, a amalgamé technique et imagination en jouant sur le noir, le gris et le blanc, avec de la charge antidérapante pour voitures et motos. En cas de succès, le maire de Cysoing, Benjamin Dumortier, l’étendrait aux zones où la vitesse maximale est limitée à 30km/h.

Depuis, Locminé en Bretagne s’est doté de son passage pour piétons en 3D trois semaines après sa demande auprès de l’entreprise « Je trace services ». Au printemps, Paris XIVème devait bénéficier du sien pour près de 450€. Dans l’Ouest, à Brest, le dispositif a été installé dans les « zones de rencontres ». Dernièrement, Blois s’y mettait également pour 940 €.

Si la plupart des commentaires sont enthousiastes, certains évoquent des défauts : à Brest, le marquage se remarquerait moins sous le soleil ou lorsque la route est humide. L’effet n’opèrerait que dans un sens de la circulation. A Blois, il faudrait se positionner sous un certain angle. D’autres arguent que les automobilistes s’y habitueront.

Enfin, comme les ralentisseurs en caoutchouc ou le mur virtuel, ce système peut rappeler la responsabilité de tout un chacun dans la sécurité routière, ce qui est un de ses principaux objectifs. Et vous, que pensez-vous de ce système ? Provocateur, efficace, inutile, très pratique ? Laissez-nous vos avis dans les commentaires !

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