« Comme un poisson dans l’eau » ! Ce que tout le monde souhaiterait ressentir en débarquant dans un quartier inconnu. Cependant, si les cartes traditionnelles renseignent sur différentes caractéristiques d’une ville, elles demeurent muettes concernant l’atmosphère humaine pouvant y prévaloir. La cartographie collaborative Hoodmaps se veut de combler cette lacune. Incursion dans un monde numérique réellement humain.

La cartographie collaborative pour une géographie plus complète

Une carte permet à son lecteur de se représenter un espace défini. En géographie physique ou environnementale par exemple, elle détaille le milieu naturel dudit espace, soit son sol, son climat, sa végétation, ses cours d’eau… Toutefois, si les cartes indiquent un bon nombre d’informations utiles, elles ne sont jamais complètes. Car personne ne peut mieux parler d’un environnement que celui qui y habite.

En cartographie collaborative, l’accès aux données, mais également aux modifications, n’est plus réservé à un groupe d’initiés. Pour la meilleure information possible sur un endroit ou un thème donné, tout le monde est appelé à contribuer.

Ainsi, en 2017 par exemple, il a été fait état d’une cartographie collaborative sur la corruption en France : aidés des internautes, des bénévoles de Transparency International France ont pu relever 660 affaires de corruption sur tout l’Hexagone !

Un autre exemple est représenté par la Drôme, département qui a ouvert une carte collaborative à tous ses résidents. Ces derniers peuvent y créer des notices sur tout ce qui pourrait relever du patrimoine, des édifices aux dialectes, en passant par les œuvres d’art ou les savoir-faire, etc.

Hoodmaps : la cartographie collaborative

A la base, Pieter Levels, ce nomade digital néerlandais et père de Nomadlist, a décidé de lancer Hoodmaps pour pouvoir se faire une idée des lieux où il se poserait. Dès lors, reprenant le principe de la cartographie collaborative, Hoodmaps invite les internautes à qualifier les quartiers de n’importe quelle ville du monde selon le type de population susceptible d’y être rencontré.

Le système propose six catégories, représentées par six couleurs différentes : les quartiers « Riches », « Touristes », « Étudiants », « Normies » (symbolisé par une maison, soit pour désigner des structures familiales), « Suits » (en référence aux employés de bureau) et les Hipsters.

Par ailleurs, Hoodmaps permet aux internautes de taguer les quartiers, soit d’indiquer des particularités ou attractions spécifiques. Au final, sur Paris par exemple, le Sentier devient la « Startup Land », les environs des Champs-Élysées et du Quai d’Orsay sont désignés par « Tourists everywhere »…

Cependant, des internautes pointent des défauts. Certaines appellations sont trop réductrices, tandis que d’autres relèvent surtout de clichés. Par exemple, le Bois de Boulogne est limité à la dénomination de « Prostipute, Surprise in the pants », tout comme Drancy et ses environs sont simplement nommés « Say goodbye to your life ».

Ces internautes redoutent aussi l’évolution de la cartographie collaborative : celle-ci pouvant servir d’exutoire à toutes sortes de ressentis, des dérapages ne sont pas exclus, nécessitant un contrôle.

Et si de votre côté, vous preniez part à faire connaître votre ville sur Hoodmaps ?

Pour aller plus loin :

 

https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2011-1-page-254.htm

http://www.collecti.cc/cartographie-collaborative-outils-et-usages-pour-vos-projets/

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