Le parking mutualisé  va changer votre vision du stationnement

09/04/2018

 

Le modèle « une place = une voiture » pourrait bientôt disparaître. Demain, vous garerez votre véhicule personnel dans des parkings mutualisés, partagés entre logements, bureaux et services. Une expérimentation en ce sens a déjà lieu à Nantes, associée au programme urbain îlink. De quoi donner un premier aperçu du parking du futur !

Parking mutualisé : l’expérimentation nantaise

Sur fond de transformation des usages, le parking mutualisé se dessine progressivement. Plus les collectivités réfléchissent à la question de la mobilité en ville, plus elles tendent à modifier les rapports traditionnels entre l’usager et sa voiture. Le but ? Minimiser la dépendance aux véhicules motorisés individuels et offrir des espaces de vie plus conviviaux, dans lesquels on ne respire pas de CO2 !

C’est tout l’objet du programme îlink, basé sur l’île de Nantes. Ce territoire de 337 hectares et de 300 000 habitants accueille un vaste projet urbain : 14 000 m2 de logements, 6 000 m2 de bureaux et 2 000 m2 de services et commerces. Dans une ville qui compte 0,8 voiture par foyer et dont 20 % des habitants se rendent au travail dans leur véhicule personnel, modifier les habitudes de déplacement tient de la gageure. Pourtant, le projet îlink ambitionne de changer la donne en mettant en place un parking mutualisé : non plus une offre par bâtiment ou par utilisateur, mais un « hub » de places partagées entre habitations, bureaux et commerces.

Nantes entend même aller plus loin en jouant la carte du « foisonnement » pour son parking du futur. Dans ce modèle, le stationnement est complémentaire : quand les employés quittent le bureau, les riverains se garent à leur place pour la nuit – et vice-versa. Une voiture chasse l’autre. L’objectif ? Réduire le nombre de véhicules en circulation, favoriser le développement des transports collectifs/doux et rentabiliser les espaces de stationnement.

Faire du parking un pôle multifonctionnel

Le choix du parking mutualisé tend également à réduire l’offre globale de places de stationnement, jusqu’à 30 % en moins. Même en prenant en compte une marge de sécurité de 15 % (ces voitures « ventouses » qui ne bougent pas), 160 places suffiraient à assurer la bonne rotation des véhicules dans le cadre du foisonnement. Contre 240 places pour le modèle simplement mutualisé.

Au-delà du gain d’espace, cette configuration permet d’imaginer le parking du futur non plus comme une enfilade de places de stationnement tristes, mais comme un véritable pôle multifonctionnel, dynamique et vivant. En plus des voitures, le parking mutualisé pourrait ainsi accueillir :

  • Une station de taxis ;
  • Un service de location de vélos et autres transports doux ;
  • Un point de départ pour pédibus (des « bus » pédestres) ;
  • Un service de covoiturage et/ou d’autopartage ;
  • Des services de réparation et de maintenance auto, voire même de livraison pour les résidents et les entreprises ;
  • Des capteurs destinés à une utilisation connectée du parking (indication en temps réel du nombre de places disponibles).

Ce modèle de parking du futur pourrait se développer ailleurs, avec le concours des opérateurs traditionnels du stationnement et sous la houlette des collectivités locales. En attendant, peut-être, la fin du sacro-saint véhicule personnel au profit de modes de transport alternatifs ?

 

Pour aller plus loin :

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