« Le coworking booste la créativité et les opportunités » Pierre-François, 36 ans, gestionnaire d’un espace de coworking à Nantes

23/03/2018

Zoom sur Pierre-François, gérant de La Prairie, (*) un centre de coworking (bureaux partagés, en VF) situé à Nantes. Pour découvrir ce qui l’a séduit dans ce concept venu de San Francisco et qui compte de plus en plus d’adeptes en France, lisez ce qui suit…

> Peux-tu nous rappeler ce qu’est le coworking ?

Le coworking consiste à faire travailler plusieurs « free-lances » (développeurs, designers, consultants, graphiste, autoentrepreneurs, etc.) dans un seul et unique espace.

> Dans quel contexte as-tu eu recours à cette alternative au bureau individuel ?

La première fois que j’ai fait du coworking, c’était juste après avoir déménagé mon entreprise, il y a cinq ans de cela. Je venais de quitter Paris pour venir m’installer à Nantes. Vu que la perspective de travailler tout seul chez moi ne m’enchantait pas franchement, je me suis inscrit dans un espace de coworking.

> Qu’est-ce qui t’a séduit dans le coworking ?

Le coworking m’a permis de briser la solitude en m’aidant à me recréer rapidement un réseau à la fois professionnel, mais aussi personnel. J’ai aussi très vite apprécié de pouvoir échanger avec les autres coworkers. Même s’ils avaient un autre métier que le mien, on se retrouvait sur des problématiques communes. C’est une organisation de travail très enrichissante qui favorise les échanges, la coopération et la créativité. Avec une vraie synergie qui s’en dégage. Entre coworkers, c’est l’entraide qui prime. Pas la concurrence. L’idée, c’est de jouer collectif. D’ailleurs, dans l’espace de coworking que je gère actuellement, il nous arrive de plus en plus souvent de mutualiser nos compétences pour pouvoir répondre à des appels d’offres.

> Qu’est-ce qui distingue tel espace de coworking de tel autre ? 

La localisation est importante, c’est sûr. La réputation l’est aussi. Par exemple, le premier espace de coworking où je me suis inscrit en arrivant à Nantes m’avait été recommandé par un ami. Le cadre compte aussi beaucoup. Sans oublier le feeling, l’ambiance générale qui se dégagent de l’espace de coworking.

> En quoi le coworking a-t-il modifié ta façon de travailler (horaire, lieu, partenaires) ? 

Je dirais que le fait d’avoir autant de compétences réunies autour de soi ouvre tout un tas de perspectives. Avoir la chance d’évoluer dans un tel vivier de talents, ça booste à la fois la créativité, mais aussi les opportunités. Parce que faire du coworking peut aider à développer son business.

Bon à savoir

C’est quoi, un « Happiness Manager » ?

À mi-chemin entre le G.O et le Community Manager, le Happiness Manager a pour mission d’animer l’espace de coworking afin d’aider les coworkers à tisser du lien entre eux. Pour y parvenir, il organise des afterworks, des goûters, des jeux, des soirées, des « apéros-boulot », etc. 

> Selon toi, quels seraient, au quotidien, les avantages du coworking ?

La synergie que permet le coworking est juste incroyable. Intellectuellement, c’est hyper stimulant ! J’apprécie aussi de pouvoir tisser des liens avec les autres coworkers. C’est agréable. Et puis, même s’il arrive que tout ce petit monde bosse ensemble sur un projet, ce ne sont pas à proprement parler des collègues. C’est-à-dire qu’il n’y a aucun rapport de hiérarchie. Ici, on a l’habitude de dire qu’on est une sorte de « coloc’ d’entreprise ».

> Et les inconvénients ?

Peut-être le manque d’intimité… Dans le sens où qui dit coworking dit généralement open space. Du coup, c’est sûr que quelqu’un qui aime qu’on le laisse tranquille préférera avoir son propre bureau. Mais à mon sens, cette personne aura plus à y perdre qu’à y gagner. Comme je le disais, être au coeur de l’action, c’est stimulant.

> Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui rechercherait un espace de coworking ? Quels points devrait-il scruter en priorité ?

De chercher un lieu qui lui corresponde. Et où il se sente à l’aise. C’est essentiel que ça « matche » avec les autres coworkers. Chaque espace de coworking a sa propre ambiance : corporate, décontractée, arty, sage, festive… Il y en a pour tous les goûts ! Dans l’espace de coworking que je gère, on a pris le parti de mixer non seulement les profils et les talents, mais aussi les caractères. Si l’on regroupait les « timides » entre eux, ils risqueraient de s’ennuyer…

Bon à savoir

  • En 2017, on recensait 600 espaces de coworking en France.
  • En 2012, on en dénombrait un peu plus d’une centaine.
  • À Paris, un poste dans un open space coûte aux alentours de 313 € HT par mois.
  • En région, comptez environ 187 € HT par mois. (Source : BAP)

> Ton expérience du coworking a-t-elle également changé ton regard sur l’habitat en général (habitat partagé, intergénérationnel, co-living, …) ?

Oui, bien sûr. Ça ouvre beaucoup plus au collaboratif. Parmi nos coworkers, il y en a déjà quelques-uns qui ont acheté des maisons à plusieurs. Mais ça va au-delà de l’habitat. Le coworking fait évoluer les modes de consommation. Par exemple, ici, tous les mois, on fait venir un producteur local de café. Pour nous, c’est important de faire marcher l’économie locale en favorisant les circuits courts. Dès que l’un de nous a un bon plan, il le partage direct avec les autres.

> Bon, on n’est pas dans L’Amour Est Dans Le Pré, mais est-ce des couples se sont formés parmi tes coworkers ?

Entre coworkers, non. Mais avec des copains ou des copines d’autres coworkers, oui, c’est arrivé. Comme je le disais, le coworking permet de se créer du réseau. Perso, quand j’ai posé mes valises à Nantes, en 2013,  j’avais deux couples d’amis sur place. Aujourd’hui, j’en ai plus d’une trentaine !

(*) La Prairie, 22 rue des Olivettes, 44 000, Nantes

alaprairie.fr

Qu’en pensez-vous ?

Vous devez être connecté pour accéder à ce formulaire.